Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Mort du Grand Duc Alexandre Mihailovitch à Roquebrune-Cap-Martin

vendredi 29 octobre 2010 par Francis ZUNINO

Le Grand Duc Alexandre Mikhailovitch est membre de la Dynastie Romanov qui règne sur la Russie depuis 1613. Né le 1er février 1866, il est l’ami d’enfance de son coussin Nicolas Alexsandrovitch, le Tsarévitch. Doté d’une forte personnalité il est souvent considéré comme une « forte tête » au sein de la famille impériale. Épris de liberté Xenia et Alexandre avec leurs enfants : Irina, Andreï,Théodore, Nikita, Dimitri, Rostislav, il manque le petit dernier Vassili
le Grand Duc s’engage dans la Marine Impériale et court les océans. Ses liens d’amitié avec Nicolas se renforcent quand il épouse le 6 Août 1894 Xenia Alexandrovna sœur du Tsarevitch qui est sacré Empereur de toutes les Russies le 26 Mai 1896 sous le nom de Nicolas II.

En 1903 il est nommé Amiral de la flotte de la mer Noire. Lors de nombreux voyages aux États-Unis le Grand Duc prend conscience de la nécessité d’une aviation militaire et civile pour la Russie, aussi crée-t-il des écoles d’ingénieurs et de pilotes et implante des usines aéronautiques. Étant Conseiller de Nicolas II il mène un combat obstiné pour sauver un régime qui tremble sur ses bases. Il propose des réformes que personne n’ose mettre en place. Il pressent le désastre mais ses cris d’alarme sont vains. Les deux cousins, qui se sont mariés la même année, ont eu au début des relations étroites, avec le temps une hostilité grandit entre Alexandra de Hesse-Darmstadt, la Tsarine, et Xenia qui a donné naissance à des fils en bonne santé alors que la Tsarine a quatre filles mais pas de garçon. En 1904 naît le Prince Héritier, rapidement la joie se transforme en inquiétude ; le Tsarévitch est hémophile. La naissance de ce fils donne à la Tsarine le contrôle sur son époux. L’arrivée du « guérisseur » Raspoutine aggrave la situation, peu à peu il exerce sa toute puissance sur la famille impériale.

De plus c’est le Prince Félix Youssoupov, mari d’Irina l’unique fille d’Alexandre, qui organise l’assassinat de Raspoutine. Cela classe Alexandre dans les rangs des adversaires de la Monarchie et il ne verra jamais plus Nicolas II. Après la révolution de 1917, afin de mettre à l’abri sa famille, le Grand Duc se rend en Ukraine. Plus tard devant le danger, revolver au poing, il s’empare d’un train pour conduire toute sa famille en sécurité en Crimée. En 1920 les bolcheviks donnent l’assaut à la Crimée. Heureusement il réussit à embarquer les membres, présents en Crimée, de la famille Romanov, sur un navire anglais.

Après avoir obtenu pour sa famille le droit d’asile en Angleterre, le Grand Duc s’installe à Biarritz car si leur union est un vrai mariage d’amour l’harmonie du couple ne dure guère. Cependant ils ont apporté à leurs sept enfants tout l’amour nécessaire à leur épanouissement et, lui, rend régulièrement visite à son épouse et ses enfants. Il faut dire que la France et l’Angleterre l’ont bien déçu, on lui tourne de dos, les politiques ne le reçoivent pas et le manque d’argent ne lui permet pas de vivre comme avant. Il cherche un emploi. A Monte-Carlo un éthiopien lui demande d’aider Hailé Sélassié afin de récupérer un monastère à Jérusalem. Il accepte, passe six mois en Éthiopie, réussit sa mission et en profite pour organiser, à l’aide des pilotes russes blancs, une aviation de guerre de qualité. Cela lui redonne une santé financière. Entouré de toute sa famille, le Pope encense le corps du défunt A Biarritz il noue des liens forts avec la Princesse Olga Paley et à son exemple commence à écrire ses Mémoires, en plusieurs volumes, qui rencontrent beaucoup de succès. Il publie aussi des ouvrages sur les multiples formes de la spiritualité qui lui permettent de partir en 1929 pour une tournée de conférences aux États-Unis. Déception les Américains viennent surtout voir un « Grand Duc Russe » en chair et en os, de plus la crise vient de se déclarer et son rêve américain s’écroule devant ses yeux. A son retour sa santé inquiète, il souffre terriblement du dos. En 1932 un médecin diagnostique un cancer. Dès quelle apprend la nouvelle sa fille Irina, désespérée à l’idée de perdre son père adoré, l’emmène à Roquebrune chez Olga Tchirikov une grande amie des Youssoupov à la villa Sainte-Thérèse, qu’il fréquente régulièrement chaque printemps depuis 1929. Pendant des semaines Irina et Xenia se relaient au chevet du malade, amaigri, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Le 25 Avril il est au plus mal, elles veillent toute la nuit et au petit matin il s’éteint doucement entouré des deux femmes qui ont le plus compté dans sa vie. Les funérailles sont célébrées très simplement dans une petite chapelle orthodoxe de Menton. Peu de monde, le Roi et la Reine de Danemark, le Roi d’Italie, des membres de la noblesse, le Préfet, aucun décorum qui rappelle la majesté des Romanov. Les villageois regardent avec curiosité le cortège des officiels suivre le cercueil porté à dos d’hommes jusqu’au au cimetière de Roquebrune où le Grand Duc est inhumé. Son épouse Xenia, décédée à Londres en 1860, a désiré reposer près de son époux. Comme beaucoup de
nobles russes leur enfance a été merveilleuse et du jour au lendemain il a fallu faire face à la dure réalité.


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