Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
En français et en mentonnais

L’histoire de J.G BENNETT avec la corbeille de figues

samedi 18 mars 2017

LA CORBEILLE DE FIGUES

« Riche ou fou, fait comme il veut ». Dit un vieux proverbe de nos montagnes qui m’est revenu à l’esprit l’autre jour, alors que nous discutions un cocher de place et moi. Celui-ci me parlait d’un très riche Américain, mort il y a quelque temps, dont je ne dirai pas le nom, mais que tout le monde, à Nice comme à Menton, connaît par ses excentricités.(1)
Il prenait plaisir à se disputer avec les cochers et, même, à les provoquer. Un jour, à l’un d’eux, il paya vingt francs pour un coup de poing au visage qui l’avait laissé à demi assommé.
Un beau matin, notre Américain qui sortait du London House, où il avait bu comme un trou, passa sur la Place Masséna, où il vit venir une paysanne qui portait une corbeille de figues-fleur sur la tête.
Une idée folle lui passa en tête. Il arrêta la paysanne, lui fit mettre la corbeille parterre et sauta à l’intérieur à pieds joints. Imaginez-vous les cris et l’indignation de la paysanne.

  • Oh ! Le coquin ! Oh ! Le bandit ! Mais il est fou ! Il est fou ! Les cris attirèrent le monde et notre riche allait passer un mauvais quart d’heure, lorsqu’il demanda hypocritement :
  • Mais, qu’est-ce qu’elle veut ? Qu’est-ce qu’elle dit ? Et, tout en disant cela, il sortit son portefeuille, en tira un billet de cent francs et le lui tendit. La paysanne ne savait plus, ni ce qu’elle devait faire, ni ce qu’elle devait dire.
  • Eh ! Prends-le, Françoise ! Lui dit quelqu’un. Tu ne vois pas que c’est cent francs ? C’est un Américain qui est un peu fou et qui aime s’amuser de cette façon.
  • Mais vraiment ! Eh ben ! Alors, s’il me paye si bien les figues, demain matin je passerai encore par ici.

Texte de Jóusé Giordan
Armana de la Pignato 1928

RA COUARBA DE FIGUE

“Ric o baboul, Fa couma voùhe”. Di un vielh prouverbi de noaishe mountagne que m’es vengù ‘n ou ment r’autre jorn, que chalabrounavan dam un couché de piaça. Aquestou me parlava d’un ric American, moart quarque temp fà, noun n’en dirai ou noum, ma tout ou moundou, à Niça couma à Mentan, ha sentù parlà da soua stravagança.(1)
Avìa pieijhé de cercà rougna ent’ u couché e, meme, d’enchità-ru. Per esempi, un jorn, ha pagà vinte franc un còu de pougn ent’ ou mourre ente un qu’ha laishà miejh stramourtì.
Un belou maten, noaishe American que sourtìa dou London House, douna avìa chimpà couma un Poulounés, ese passà en Piaça Masséna, quoura ha vist venì una campagnola que pourtava una couarba de figue-fioù sus’ a testa.
Un’ idéa foala i ese vengù. Elou ha arrestà aquela frema, i ha fach pausà ra couarba en terra puhi, dam’ u pé jounche, ha sautà dintre. Imaginé-vou u ralhe e r’endignacian d’aquela paura païsana.

  • Oh ! pelandroun ! Oh ! manigordou ! Ma ese baboul ! ese baboul ! U ralhe fan venì ou moundou e ou noaishe ric anava passà un marri moument, quoura ha demandà en facha-faussa :
  • Mà, ço que vouhe aquela frema ? ço que di ? E, tout en disent acò, ha sourtì ou sen poartafuelh,‘n ha tirà un bilhet de cente franc e r’ha spourjù ent’ a frema. Ra païsana noun sabìa pù ni ço que devìa fà, ni ço que devìa dì.
  • Eh ! pilhé-vou-rou Choasa ! i desìa cada-un. Noun vehé nan qu’ese cente franc ? Es un American un poc baboul e i apieijhe d’amusà-se aishì.
  • Ma dadaban ! E ben ! Aloura se me paga aishì ben re figue, deman maten passerai torna d’aquì. Revirada da Solange Mongondry-Barberis

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