Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Textes en français et en mentonnais

Autrefois… La cueillette des citrons

samedi 18 février 2017

La cueillette des citrons était généralement faite par le cultivateur même ou bien par des équipes mixtes spécialisées. On les appelait, ces gens, des limounaïre, de limon, alias citron...
Les citrons étaient expédiés aux quatre coins du monde. L’on comprend donc que Menton, qui doit tant au citron, adorable synthèse de son climat et de sa beauté, eût songer à la glorifier.

AUTREFOIS… LA CUEILLETTE DES CITRONS

La cueillette des citrons était généralement faite par le cultivateur même ou bien par des équipes mixtes spécialisées. On les appelait, ces gens, des limounaïre, de limon, alias citron.
Les hommes étaient reconnaissables à leur pantalon retroussé jusqu’aux genoux et à leur ample blouse bleue. Ils étaient porteurs d’un panier muni d’un crochet soigneusement rembourré pour empêcher tous contacts susceptibles de détériorer les fruits. Ils marchaient toujours nu-pieds, ce qui leur permettait de se tenir sur les arbres dans la position la plus stable possible.
Des paniers étaient suspendus aux branches au moyen du crochet et, une fois pleins, ils étaient vidés dans de grosses corbeilles également doublées d’une forte toile appelée serpillière, dont les coins pendaient au dehors. Les femmes avaient pour travail le transport des corbeilles pleines aux charretons appropriés à cet effet qui se trouvaient sur les chemins carrossables au bas des sentiers. Les femmes très rompues à ces travaux, marchaient aussi pieds nus, leurs jupes retroussées, elles dévalaient les sentiers rapides avec aisance, maintenant en équilibre, sur leur tête, en se servant des bouts de serpillière, les corbeilles qui pesaient parfois jusqu’à 50 et 60 kilos.
Le soir arrivé et les charretons emplis, l’équipe, les hommes aux brancards et les femmes à la suite, conduisait leur cargaison à l’entrepôt. Les chefs de ces équipes avaient, en outre, la mission de percevoir le montant des citrons ainsi livrés et de le remettre aux producteurs, en même temps qu’ils enregistraient les ordres concernant les cueillettes suivantes.
Les entrepôts de citrons étaient au nombre de 10 environ à Menton, à cette époque. Ces locaux, avant d’être affectés à cet effet, devaient présenter certaines conditions de salubrité. Ils devaient, avant tout, être vastes, très secs, bien aérés et parquetés. A l’arrivée, les fruits étaient comptés quatre par quatre, le contrôle était fait par la doyenne de l’établissement qui remplissait les fonctions de directrice. L’on procédait de même pour les citrons livrés par les isolés, soit à dos d’âne ou de mulets. Les citrons étaient ensuite entassés avec soin, en tas de forme pyramidale. On faisait ensuite le tri des fruits à peau lisse, de ceux à peau rugueuse, des jeunes, des verts et des déformés.
Le personnel était composé de compteuses, de serveuses, d’enrobeuses et d’encaisseuses et de la directrice. Celle-ci avait aussi la charge de donner à chacune des enrobeuses, le nombre de papiers de soie qu’elles devaient épuiser avant la fin de la journée.
Attenant aux entrepôts se trouvaient les menuiseries où les caisses d’emballage étaient fabriquées au fur et à mesure des besoins. La caisse contenait de 400 à 420 citrons.
Les citrons étaient expédiés aux quatre coins du monde ; le nombre des caisses était, par année, de 50 à 60000 ce qui représente plusieurs millions de citrons. L’industrie du citron occupait, à cette époque, près d’un millier de personnes, sans compter les cultivateurs-producteurs. Voilà la réclame que faisait pour Menton le fruit d’or. Elle était d’autant plus efficace que chaque caisse portait apparemment le nom de sa ville d’origine. L’on comprend donc que Menton, qui doit tant au citron, adorable synthèse de son climat et de sa beauté, eût songer à la glorifier.
J.J. Bouat (1935)

R’ACAMPAGE DU LIMOÙ, TEMPE FA

R’acampage du limoù era generalament facha da ou campagnolou o dame de poste, squipe miste specialisàie. U sounavan : u limounaire.
U ome se recounoushìan à soue bralhe revertegàie fint’ à u genoulhe e à ra soua blauda. Pourtavan un cavagn dam’un ganchou soagnousament bourrà pèr empedì tout u còu que pourrerìan rouinà ra frucha. Caminavan sempre descausse, acò i permetìa de mantenì-se sus’ u erbou d’una façan ra pù ferma que siegue poussìbile.
De cavagne eran pendù ent’e branque dam’ou ganchou ; coura eran pièn, u vulhavan ente de grosse couarbe doubiàia tamben ele dam’ una grossa tera sounàia serpiliéra, u se cante pendente en foara. E freme devìan assegurà ou carrejament de coarbe piene fint’ ent’ u carretoù adatà qu’eran sus’ u camì carrousàbili au soutran de dralhe. E freme, pran abituàie ent’ aquelou travalh, caminavan descausse tamben ele, u coutilhoù revertegà, caravan ente dralhe en pèndita dame fachilità, tenent d’apioumb susa soua testa, dam’un cante da tera, re coarbe que pesavan fint’ à 50 o 60 kilò.
Ra sera vengùa e u carretoù iempì, ra posta, ome ent’ u timoù e freme darràire, menava ra soua càrrega fint’ ent’ e stànsie. De mai u chéfe avìan ou douvé d’encaishà ou pres de vèndita du limoù pourtà e de remeté-rou ent’ u produtoù, en meme temp qu’enregistravan u oùrdine per u acampagi à venì.
Re stànsie eran à r’envirou de 10 à Mentan ent’aquela épouca. Aquelu luegue, avanch d’esse afetà per aquel’ usou, devìan pousséde cherte coundicioù de salubrità. Devìan, soubra tout, esse largue, ben seque, pran aerà e parquetà. A r’arrivou, ra pu vielha dou stabiliment qu’en avìa ra direcian, countrolava ou cuenti du fruche cuntà, quatre per quatre. Fasìan ra meme causa pèr u limoù pourtà da u « sourete », que siegue dame r’ase o dame ou mu. Puhi u limoù eran amourounà dame gàribou. Apréss, fasìan ou cern entra aquelu qu’avìan ra pél lisha, d’aquelu qu’avìan ra pél raspignousa, du jouhe, du verde, de maravilhe….
Ra gent que travalhava ailì eran re countuse, re servente, re enfroupairis, re encaishuse e aquela que menava tout. Ela devìa tamben destribuì, ente re enfroupairis, re fuelhe de papìe de séa à utilisà cada jorn.
Re caishe d’embalage eran fabricàie de man en man ente re fustarìe qu’eran dapé re stànsie. Cada caisha tenìa 400 à 420 limoù.
U limoù eran spedì dapertout : 50 à 60 000 caishe cad’ann que rapresentan tantu milioù de limoù. Ent’aquela épouca i eran scaijhi mila persoune à Mentan que travalhavan per u limoù sensa cuntà u campagnoli-proudutoù. Aishì, Mentan era counushùa da toute. Se capishe que Mentan déu pran ent’ ou liman, sìntesi dou sen climà e da soua bellessa.
Revirada Solange Mongondry-Barbéris


Portfolio

Accueil | | | | Statistiques du site | Visiteurs : 8 / 137479

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Le Coin du Mentounasc de Nice-Matin en 2017  Suivre la vie du site N° 365 - Le « Coin du Mentounasc » du 18 février (...)   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 1