Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Un texte en mentounasc....et le même en français.

Perqué a galéta du Ré ?

samedi 7 janvier 2017 par Jean-Louis CASERIO

PERQUÉ A GALÉTA DU RÉ ?

Apress ou Cachafueg e ou Primou de r’ann, arriba ou jorn du Ré. A festa du Ré marca r’arrivou du tré Ré : Balthazar, Melchior e Gaspard ent’ou presépiou. Ou meme jorn, noun car pa scourdà-se de tastà aquela lecounarìa savourìa : a galéta du Ré.
Aquesta tradician de milant’ anne nou ven da Gréça antiga, douna ou 6 de genarou se fasìa de manjuque e douna u envità cernìan un ré entra elu dam’una fava negra o bianca. U Rouman fasìan a mema causa per e Saturnale.
A r’Age-Mejan, se desìa qu’a galéta scassava ou malastre e devìan manja-ra à mieja-nuech. Dou temp da Revoulucian, se parlava da galéta da Libertà o da galéta du Sensa-bràie. Se reparla da galéta du Ré souta Napoulean.
En Païs mentounasc, se tirava u ré en familha e se spartìan a galéta en coumpagnìa. Se metìa sempre ent’a pasta una fava o un faijhoùe ; a fava tirava a regina e ou faijhoùe, ou ré. De mài, per servà ou cerne just, talhavan u toque da galéta souta d’un panaman bianc. A Nissa, a prima part era per u paure.
U Mentounasque pran pourtà susa u squerse cuntavan ent’u enfante que pourrìan anà à vé passà u Ré susa ou pouant dou Careï, à mieja-nuech, dam’a camijha bagnàia, una canna verda en man ! Mandavan tamben u pichoù demandà e quiàu de l’Aleloùia dam’un cavagn. Ri dounavan de paquete de peire-grosse per anà d’una casa à l’autra. Fasìan e meme coulhounarìe à Gouarbe n’ou temp de Pasca.
Au sécoulou XIX, apareishan u sujete de pourcelana per rempiaçà a fava e ou faijhoùe piatà ent’a galéta. Chertu, qu’avìan trovà a fava se desbroiavan de pahì-ra per noun pagà nan una autra ! E fegurine de pourcelana puhi en plàstica defendìan r’engann. E perqué se plagne pousque a fava pouarta bouana fourtuna ent’aquelou qu’a trova sout’ a soua dent !

POURQUOI LA GALETTE DES ROIS ?

Après le temps du réveillon et du Jour de l’An, arrive le jour des Rois. L’Epiphanie, la fête des Rois, signifie l’apparition des trois rois mages : Balthazar, Melchior et Gaspard que l’on n’oubliera pas de placer ce jour-là dans la crèche familiale. Le même jour, on ne manquera pas de déguster la galette des rois.
Cette tradition millénaire trouverait son origine dans la Grèce antique, où le 6 janvier dit Théophanie était prétexte à des banquets où les convives procédaient à l’élection d’un roi désigné par une fève noire ou blanche. Les Romains procédaient de même pour les fêtes de Saturne.
Au Moyen-Age, la galette était réputée combattre le malheur et ne devait être dégustée qu’à minuit. Avec la Révolution, la galette des rois devint « la galette de la Liberté » ou « la galette des Sans-culottes ». La galette redevint définitivement royale sous Napoléon.
En Pays mentonnais, on « tirait les rois » en famille. Ainsi au XIXe siècle, le « gâteau de la fève se mangeait en compagnie » et l’on y introduisait toujours une fève et un haricot ; la fève désignant la reine et le haricot, le roi. En outre, pour préserver l’anonymat de la fève et du haricot, le gâteau était découpé sous une serviette blanche. A Nice, la première part était réservée aux isolés ou aux déshérités.
Les Mentonnais « très donnés aux plaisanteries » racontaient autrefois aux enfants qu’ils verraient les Rois passer sur le pont du Careï, s’ils y allaient à minuit, en chemise mouillée, et tenant un roseau vert à la main ! Ils envoyaient aussi les enfants avec un panier demander les clés de l’Alléluia. On leur donnait alors des paquets de grosses pierres et on les faisait se promener ainsi d’une maison à l’autre. On usait des mêmes plaisanteries à Gorbio mais pendant les fêtes de Pâques.
Au cours du XIXe siècle, on voit apparaître un sujet en porcelaine qui remplace la traditionnelle fève ou haricot habituellement cachée dans la galette. Il est vrai que les « rois » désignés par le sort avalaient parfois la fève pour éviter d’offrir une autre galette ! Les figurines en porcelaine puis en matière plastique interdisaient la tromperie. D’ailleurs, pourquoi s’en plaindre puisque la fève porte bonheur à celui qui la trouve sous sa dent !
Jean-Louis CASERIO
Majoral du Felibrige


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