Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Un texte en français et la revirada en Mentounasc

Le Pas de la Mort à Garavan

dimanche 21 mai 2017 par Ginette OLIVESI-LORENZI

Du poste frontière, au Pont Saint-Louis, la vue est sublime sur Menton. Mais en levant les yeux sur l’à-pic qui domine la route, on ressent une étrange impression de danger. Cet endroit a un passé terriblement meurtrier. C’est le tristement célèbre « Pas de la mort »...

LE PAS DE LA MORT À GARAVAN

Du poste frontière, au Pont Saint-Louis, la vue est sublime sur Menton, sur la Côte, jusqu’à l’Estérel par beau temps. Mais en levant les yeux sur l’à-pic qui domine la route on ressent une étrange impression de danger. Cet endroit a un passé terriblement meurtrier. C’est le tristement célèbre « Pas de la mort ». Un sentier en pente douce, puis une pente de plus en plus abrupte vers un bouquet de pins. On continue à descendre encore dans une pente rétrécie qui aboutit à un étranglement au bout duquel on se trouve piégé : impossible de revenir en arrière en remontant la pente et, devant, c’est le vide en aplomb d’une centaine de mètres !

Un autre sentier depuis le col de la Giraude permet de franchir sans danger mortel les limites frontalières. Mais les lieux sont surveillés. Des anciens de Grimaldi l’empruntaient autrefois pour se rendre à Menton – les contrebandiers aussi, car qui dit frontières dit contrebande !... Ici contrebande de sel ou de marchandises difficiles à trouver dans l’un ou l’autre pays. Avant la guerre, le passage frontalier était déjà connu des fugitifs politiques. Pendant la guerre, c’était le marché noir. Mais le renom tragique du « Pas de la mort » date de la période des « passeurs d’hommes ».
Des centaines de personnes sont passées par là qui fuyaient la prison des régimes politiques ou la misère ; puis ce furent les travailleurs immigrés d’Afrique du Nord et d’Afrique. Après avoir aidé les clandestins à franchir les hauts barbelés de la frontière les passeurs se faisaient payer (cher) et abandonnaient leurs « passagers ». Ceux-ci cheminaient dans la nuit et finissaient par se retrouver devant l’abîme sans pouvoir avancer ni reculer. Certains ont eu la chance de survivre, leurs cris ayant été entendus par les douaniers ou policiers de service. Les autres feront une chute fatale de 85 m !...
Le sentier a été rendu impraticable et on n’entend plus dire « il y a encore eu une victime au Pas de la mort ». Mais aujourd’hui, les migrants empruntent d’autres voies… tout aussi dangereuses !
Ginette Olivesi-Lorenzi

OU PASS

Dou postou da frountiéra, au Poant San Louigi, ra vista è magnìfica susa Mentan, sus’ a Coasta, fint à r’Esterella dam’ ou belou temp.
Ma en gardeent ra mountagna, vehema r’apioumb que doumina ou camen e se sente un’empressian stramanta de perìcoulou…. Aquelou lueg ha un passà veramente tràgicou. Es ou tristament chélebre « Pass ». Una dràia en pèndita mouderàia, puhi en pendita que créishe pian-pianet vers un bousquet de pì. Se vou countunié de carà encara ‘sta pèndita que se restregne, arribé à un strangourament e vou trové enganà : empoussìbile d’anà en ràire en remountent ra pèndita e, davanch, i es ou vùhi en apioumb d’una centena de metre !

Un’autra dràia despuhi ou coal da Giràuda permete de passà ra frountiera sensa perìcoulou mourtale. Ma …u luegue san survelhà. U vielhe de Grimaldi i passavan d’un temp, pèr anà à Mentan – u coantrabandié tamben, car qù dì frountiere, dì coantrabanda !- aquì coantrabanda de sà o de marcansìe difìcile da trovà ente r’un o r’autre païs. Avanch a guerra, ou passage da frountiera era dejà counoushù pèr u fugitivi poulìtiqui. Durant a guerra, era ou mercà-negre. Ma ou renoum tràgicou dou « Pass » (passage da moart) ven dou temp du passahoù d’ome.
De centene de persoune san passàie d’ailì que fujìan re prijhoù du regimi poulìtiqui o ra miséria ; puhi san vengù u travalhaoù d’Africa dou nord e d’Africa. Apréss avé ajuhà u clandestì à passà u fi-ferre pran aute da frountiéra, u passahoù se fasìan pagà pran cà e laishavan u se passagé s’a riba dou camen. Aquestu s’encaminavan ent’a nuech e fenìan pèr trovà-se davanch r’apioumb sensa pouré anà pù luegn o revenì en ràire. Chertù han augù ra chença de survive, u se ralhe eran stache sentù da u duganié o du pouliçoti en siervici. U autre faran un sàut mourtale de utanta-cinq metre !....
Ancùhi, han poushù fà qu’aquelou caminet noun siegue pù praticàbile e noun se sente pù dì « i ese stach encara una vìtima au Pass. »
Ancùhi, u migrante pilhan d’autre camì… aishì tantu dangerouse !
Revirada Solange Mongondry-Barbéris


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