Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Un texte en français et sa revirada en Mentounasc

Nos dimanches aux Castagnins

U noaishe duménigue au Castagnì
samedi 3 juin 2017

Avant la guerre de 39-45, chaque dimanche de mon enfance, nous partions, tôt le matin, aux Castagnins où nous possedions une petite campagne… Le trajet était long...
Mais je garde de ces journées un très bon souvenir.

Dou temp que Berta firava …

NOS DIMANCHES AUX CASTAGNINS

Avant la guerre de 39-45, chaque dimanche de mon enfance, nous partions, tôt le matin, aux Castagnins où nous possedions une petite campagne. Nous nous chargions de paniers et descendions, à pieds, de la maison du Fossan, vers la ville. Les jours de chance, nous prenions, Place Nationale, maintenant Place Clémenceau, le bus en direction des Cabrolles ou Sainte Agnès, qui nous laissait à proximité de la campagne. Mais, le plus souvent, c’est à pied que nous continuions … Le trajet était long et la fatigue se faisait sentir. Puis le sentier qui grimpe était là, encore un effort et nous voici arrivés. Cinq minutes de repos sous la tonnelle et, là, pour mes parents, le travail commençait vraiment. Mon père, Louis Otto, et Emile, mon frère, après avoir revêtu leurs vieux habits, s’occupaient de la vigne. Ma mère s’activait à allumer le feu de sarments, dès son arrivée et mettait le repas en train (pas question de manger des sandwichs !). Et moi, je pouvais jouer ? Mais non, pas encore, je prenais la grosse cruche verte et je descendais, presque au bas du sentier, la remplir, près de la propriété Meyember, à la source si fraîche et si pure. Et je remontais, en flânant, la cruche était lourde … Un petit arrêt chez les Viale (grands-parents de Jean Louis Caserio) et me voici arrivée. Ouf … ! Repos. Puis, je partais, soit jouer au sable près de la petite carrière provoquée par un mini-effondrement, soit sous la longue tonnelle, chipoter quelques grains de muscat (il ne fallait pas que je sois vue !). Et le dimanche s’écoulait ainsi ; parfois, à l’heure du pastis et du bagnanas … les voisins Viale venaient nous rejoindre. Et voilà le dimanche type de mon enfance, et le soir, retour à pieds, bien fourbus, de la campagne aux Castagnins, à la maison, au Fossan. Mais je garde de ces journées un très bon souvenir et un brin de nostalgie d’avoir dû me séparer de ma campagne … mais les temps ont changé, et c’est très bien comme cela.
MARINETTE OTTO-LACOSTE

U NOAISHE DUMÉNIGUE AU CASTAGNÌ

Avanch a guerra de 39-45, cada duménigue da mia enfança, anavan, da boun’oura, au Castagnì douna avian una campagneta. Se carregavan de cavagne e anavan à pe da casa dou Foussan fint en vila. U jorne de chança, pilhavan, en Piaça Naciounale, ancuhi Piaça Clémenceau, ou car que menava ent u Cabroare o aquelou de Sant’ Agne que nou laishava press da campagna. Ma, ou pu souven, es à pe que fasian ou camen… Ou trajetou era loung e ra stanquessa se fasìa sentì. Puhi i era a dralha que mountava : carrìa encara un sforsou e eran arribà. Cinque minute de repaus sout ‘a topia e aloura, per u me parente, coumençava verament ou travalh. Moun Paire, Louis Otto, e Emile, moun fraire, e soue bràie de frustagn metùe, s’oucupavan da vis. Arribàia dame nautre, ma Maire s’ativava sùbitou per acende ou fueg de tralhe e per preparà ou diernà (noun fasian nan de « sandwichs » !). E mi, anava à jugà ? Nan, pa encara : pilhava ra grossa doulha verde e carava, per iempì-ra à ra sourça aishì fresca e pura, scaijhi fint au soutran da dralha, dapé ra prouprietà Meyember. E remountava, pian-pianin, ra doulha pesava… Un arrest da Viale (paigran e maigran de J.L. Caserio) e arribava anfen. Ouf … ! Repaus. Puhi, m’en anava, o pèr jugà dam’ a sàbia dapé ra pichouneta sabiera counsecutiva à un pichan afoundament, o souta ra tòpia lounga, per pità quarque asiné de mouscaté (noun carrìa pa que mi siegue vista !). E ou duménigue passava aishì ; quarque vote, à r’oura de r’aperitivou (pastis o bagnanas)… u vesì Viale venìan dame nautre. Era aishì ou duménigue abituale da mìa enfança ent’ u Castagnì ; ra sera revenìan à pe, ben stanque, da campagna du Castagnì fint’ à casa ent’ ou Foussan. Ma me tengou da ment un souvenì magnìficou d’aquele journàie e un poc de pecoùndria d’avé doushù separà-me da mìa campagna … ma u tempe han scambìa, e ese pran ben aishì.
Revirada Solange Mongondry Barbéris.


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