Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Texte en Français et Revirada en Mentounasc...

AU TEMPS DE LA MARINE à VOILE

samedi 17 juin 2017 par Jean RAYBAUT

Autrefois, l’activité maritime était intense dans notre région. Le cabotage était la forme privilégiée et c’est la voile latine, voile triangulaire et au maniement délicat qui caractérisait ces nombreux bâtiments aux noms aujourd’hui presque disparus…

AU TEMPS DE LA MARINE À VOILE…

Autrefois, l’activité maritime était intense dans notre région. Le cabotage était la forme privilégiée et c’est la voile latine, voile triangulaire et au maniement délicat qui caractérisait ces nombreux bâtiments aux noms aujourd’hui presque disparus… La navigation en haute mer (trois-mâts barques ou carrés, bricks, goélettes) ne concernait pas nos artisans de la mer locaux.
Mais les pinques au gréement très ancien, les bombardes, jadis portant des mortiers mais qui passèrent au commerce, les chebecs véloces qui pouvaient facilement être « armés en guerre », les felouques très rapides qui allaient tant à la voile qu’à la rame et qui étaient souvent affectées au transport de voyageurs sur les côtes italiennes. En Provence leur rapidité leur permettait d’échapper aux pirates barbaresques. Le principal navire de transport reste tout de même la tartane. Entre Marseille et l’Italie ce sont elles qui assurent l’essentiel du transport côtier et ce jusqu’au XX° siècle.
La Caraque : Voilà un nom qui fleure bon notre Midi, même si on dit qu’il pourrait dériver du syriaque karak, signifiant « forteresse ». Il est vrai que ce grand vaisseau de la fin du Moyen-âge était d’une taille impressionnante. Ainsi la Santa Maria de Christophe Colomb était une caraque.
Le port voisin de Villefranche abrita une de ces constructions monumentales dont nous avons retrouvé une description partielle : « C’est là en 1522, le 21 décembre, écrit Jacques Bosio, fut mise à la mer, pour le compte de l’Ordre, la caraque Sainte-Anne qui fut dirigée sur le port de Villefranche, pour y procéder, ainsi d’ailleurs qu’il était d’usage, à l’achèvement et à l’aménagement du navire, et à ses décoration et armement. Le premier bâtiment cuirassé a été cette caraque qui avait six ponts, une nombreuse et puissante artillerie : à bord se trouvaient une chapelle spacieuse, une sainte-barbe, une salle de réception et une boulangerie. Mais ce qu’on remarquait de plus singulier dans sa construction, c’était sa cuirasse de plomb, fixée par des boulons d’airain, et à laquelle le chroniqueur Bosio a attribué la sécurité du navire qui ne fut jamais endommagé par les projectiles. Cette cuirasse, qui ne lui enlevait rien de vivacité et de sa légèreté. »
Il y a longtemps qu’un de nos chefs d’état nous avait avertis que nous « n’étions plus au temps de la lampe à huile et de la marine à voile ». Certes ! Mais revoir ces vieux gréements, de haute mer ou de modeste cabotage, est toujours un spectacle d’une rare beauté.
Jean Raybaut

DAU TEMP DA MARINA À VERA

R’atività marìtima era foarta ent’ ou noaish païs. Ou caboutage era ra fourma privilejàia dame ra vera latina, vera triangoulària, d’un manej delicà que caraterisava tout aquestu bastimenti au noume scàijhi despareishù ancuhi … Ra navigacian en auta-mà (tre-erbou, barque o carrà, brigoulete, goulete) noun toucava nan u noaishe mestieranti de marina loucali.
Ma re pinque à r’alestiment antig, re boumbarde, qu’una vota pourtavan de mourtalete e que san passàie au coumerchou, u chebeque velochi que pourìan esse fachilament « armà en guerra », re felouque pran ràpide qu’anavan tant à vera que dam’ ou rem e qu’eran pran de vote afetàie à u traspoarte du viajatoù sus’ e coustiere taliane. En Prouvença ra soua rapidità i permetìa de scapà à u pirate berbari. Entant, ou bastiment douminant pèr ou carroujament es a tartana. De Marselha fint à r’Itàlia san ele que assuman r’essenciale dou carrejament cap à cap e acò fint au XXème sécoulou.
Ra Caraca : Es un noum que sente ban ou noaishe Miejorn, meme se disan que pourrerie venì dou Syriaque karak, signifiquent « fourtaressa ». Ese vé qu’aquelou grann bastiment d’a fen de r’Age Mejan era d’una talha empressiounanta. Aishì ou Santa-Maria de Cristoforou Colombo era una caraca.
Ou poart vesen de Vilafranca ha assoustà una d’aquele coustrucioù mounumentale, ‘n avema retrovà una descrician parciale : « Es ailì tamben en 1522, ou 22 dou mes de dijhembre, ou meme jorn qu’a prisa de Rhodes, scrìve Jacques Bosio, ese stacha avaràia, pèr ou cuenti de r’Oùrdine, ra caraca Sant’ Anna qu’ese stacha menàia ent’ ou poart de Vilafranca, pèr i prouchéde, couma ‘n era r’abitùdine, à r’acoumpiment e à r’amenajament dou bastiment, e à u se decouracian e ournament. Ou primou bastiment courassà ese stach aquesta caraca qu’avìa sìe pouante, un’ artilherìa numerousa e poutenta : en dintre i eran una capela spaciousa, una santa-barba, una sara de recheviment e una boulanjarìa. Ma ço que se remarcava de pù particulari ent’ a soua coustrucian, era ra soua courassa de pioumb, fissàia dame de bouloù d’aram au quale ou crounista Bosio emputa ra seguretà dou bastiment que noun es mài stach scagassà da u nemigue. Sta courassa noun i levava ren da soua vivacità e da soua legeressa. »
Pran de tempe fà, un du noaishe chefe de statou nou avìa prevengù que « noun eran pu au temp da caregneta e da marina à vera ». Chertou ! Ma revé aquestu vielhe greamente, d’auta-mà o de moudest caboutage, è sempre un spetàcoulou d’una rara belessa !
Revirada Solange Mongondry-Barbéris.


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