Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Dans le « Coin du Mentounasc » du 7 octobre 2017

Les premières pharmacies à Menton

Un texte en Mentounasc suivi du texte original en français...
lundi 9 octobre 2017 par Jean claude VOLPI, Mauri OSICKI - AMPOLINI

E FARMACÌE DE MENTAN, D’UN TEMP

Ent’aquelou temp, ou bouticari avìa una butiega adatàia à rou sen travalh ; i era un banc-grann de bouasc dame pran de tirante garnì de manèie de ram, ournàie d’etiquete. Aquelu casié eran reservà pèr e piante medicante. Soubre de stagere, de pignatoù, de vasete en faïença decouràvan a butiega dame tout un materiale varià qu’utilisava rou bouticari pèr fà re soue preparacioù magistrale : e barance, ou mourtìe dam’ou pistan, e bassine, u pairoùe e ru lambique pèr e aigue destilàie.
Pèr r’ann 1820, shou J. Albertotti, un bouticari stalà au nùmarou des-e-set da Carriera San Miqué, sounava ra soua butiega « Pharmacie Anglaise Albertotti », a prima à esse duberta à Mentan dam’una empourtanta partìa reservàia à rou bouticari e r’erbourista. En 1870 shou E. Faraut pilha a seguita de J. Albertotti fint’ à r’ann 1880, e cambierà r’ensegna da butiega en « Pharmacie Anglaise et Française ». Aquestou va ajougnà de medicamente pèr r’oumeoupatìa e amourounava de aigue minerale. Es elou qu’enventava u shirope, e loucioù, u enguente e tant autre preparacioù de farmacìa.
Ente r’ann 1898, aloura qu’i era una gripa arribàia de Russìa, e preparacioù dou farmacista Faraut seran pran boane e eficace. Pùhi en 1918 a gripa vengùia de Spagna marcava ou desten de tantu Mentounasque e pran de firagne se faran davanch e 5 farmacìe que staran duberte pèr a Prima Guerra moundiala.
Ent’aquele anàie, 8 farmacìe éran duberte à Mentan e una à Rocabruna, aquela de Leon Bernard ent’a carriera Cab Marten.
Ou mareshal Petain suprimera en 1941 ou diplouma pèr esse erbourista, mà aquela despousician serà soulament aplicàia à Mentan apress ou 10 dou mese de setembre de r’ann 1943, dam’ a partença de troupe taliane. Ente r’ann 1945, ou gouvern prouvisori dou generale de Gaulle creava « L’oùrdine de farmaciste », permetent aishì de mielh encadrà aquela proufessian.
Se nouterà que pran de tempe fà, sourete e specierìe pouvìan vende e aigue minerale.

Revirada Mauri Osicki-Ampolini
Felibressa mantenairis

LES PREMIÈRES PHARMACIES À MENTON
C’était au temps où l’apothicaire disposait d’un grand comptoir en bois ou de commodes avec des tiroirs pourvus de poignées en cuivre ornées d’étiquettes. Ces casiers étaient réservés aux plantes médicinales. Des rayonnages complémentaires présentaient des bocaux, des pots de faïence et divers ustensiles dont l’apothicaire avait besoin pour ses préparations magistrales. Il y avait là, les balances, le mortier et le pilon, les bassines, les chaudrons et les alambics pour les eaux distillées.
Vers 1820, M. J. Albertotti, un apothicaire établi au 17 rue Saint Michel, transforma son local sous l’enseigne « Pharmacie Anglaise Albertotti », la première à avoir été ouverte à Menton tout en conservant un important rayon d’apothicaire et d’herboristerie. Entre 1870 et 1880, le successeur de M. Albertotti sera M. E Faraut.
Celui-ci changera l’enseigne en Pharmacie Anglaise et Française (1). Il ajouta un rayon de médicaments homéopathiques et un pour les eaux minérales. Il est l’inventeur de nombreux sirops, lotions, onguents et autres préparations pharmaceutiques.
En 1898, lors d’une grippe, venue de Russie, les préparations du pharmacien Faraut avaient été très efficaces.
En 1917, ce sera une forme de grippe qui avait touché l’hôtel des Ambassadeurs. Elle avait concerné uniquement des soldats annamites qui y étaient soignés. Mais la grippe espagnole va marquer le destin de nombreux Mentonnais et les files d’attente seront importantes devant les 5 officines qui resteront ouvertes durant la Première Guerre mondiale.
Dans ces années 1910, huit pharmacies existaient dans le canton pharmaceutique de Menton. En 1912 une 9ème s’installera à Cabbé-Roquebrune, route du Cap-Martin, celle de Léon Bernard.
En 1941 le maréchal Pétain supprime le diplôme d’herboriste, disposition qui ne sera appliquée à Menton qu’après le 10 septembre 1943 et le départ des troupes italiennes. Et en 1945, la création de l’ordre des Pharmaciens par le gouvernement provisoire du général de Gaulle va permettre de mieux encadrer cette profession ô combien essentielle pour la population.
On notera que pendant longtemps, seules les pharmacies étaient habilitées à vendre les eaux minérales.

(1) Partiellement détruite par fait de guerre en 1940, cette pharmacie sera finalement démolie et remplacée après 1950 par le square de la Résistance accolée à la Place Koenig. Devenue Pharmacie Centrale, elle sera déplacée au 13 rue St-Michel, place Clemenceau. Elle y est toujours.
Jean-Claude Volpi


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