Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Le « Coin du Mentounasc » du 2 décembre 2017, dans Nice-matin

La Mentonnaise de la Belle Epoque, un mélange de vision érotique !

mardi 5 décembre 2017

E belle garçounete mentounasque

LA MENTONNAISE DE LA BELLE EPOQUE, UN MÉLANGE DE VISION ÉROTIQUE !

Pris dans les mailles du désir, l’homme ne peut manquer de constater que le pays mentonnais offre au regard de nombreuses jolies jeunes femmes, chez lesquelles Henry Bennet trouve des traits de la beauté italienne telle qu’il se la représente. César Provençal trace rapidement le portrait de la Mentonnaise : « La Volupté ou la Vénus de Menton peut être représentée les pieds et la tête nus, à belle chevelure, couronnée de la fleur du citronnier ou du laurier-rose, avec une corbeille de citrons sur la tête, reposant à son tour sur un buste majestueux ». Un autre villégiaturiste du XIXe siècle soulignera surtout, en observant la marche des citronnières, non pas la fatigue qui en résulte, mais plutôt le fait qu’ « elle imprime à ses hanches un mouvement lascif qui rappelle les danses mauresques d’Alger », qu’elle contraint au port d’une « jupe écourtée qui laisse entrevoir deux mollets brunis, par l’air et le soleil, mais bien tournés… » On perçoit bien, dans ces mots, les ressorts du désir sous-jacent : un mélange de vision érotique – la cheville- et de dégoût –le bronzage. La citronnière rit, cause, chante en cœur : elle détonne avec les jeunes filles policées que les villégiaturistes fréquentent. La Mentonnaise a un corps aux formes généreuses, qui dégage des odeurs charmeuses, véritable interpellation des sens. Une tradition locale évoquée représente une approche qui poursuit ces descriptions fantasmatiques. En effet, on apprend dans Menton mondain, le journal de l’époque, qu’une coutume veut que la nuit, les jeunes gens Mentonnais aillent subtiliser à leur insu, alors qu’elles dorment dans leur lit, la fleur que les citronnières portent derrière l’oreille. N’y-a-t-il pas là une allusion à la virginité dérobée ? Le marché est l’occasion, pour certains hommes, de s’attarder. Les marchandes des quatre saisons sont fraîches et appétissantes, comme leur marchandise, vives et accortes, bien bâties. Menton mondain décrit ainsi « la grande famille des flâneurs » qui, le matin, arpentent les étals, alors que les femmes, ménagères autochtones et domestiques font leurs courses, tête nue… « Le beau, cigare aux lèvres vient contempler les jolies petites dames en déshabillé du matin »…
Extrait de :Gilles Normand Rivière sereine, villégiature à Menton, 1860-1914

RA MENTOUNASCA DA BELA EPOUCA, UNA MESQUIADA DE VISIAN EROÙTICA.

Chapà ent’e rese da soua sensualità, r’ome ese óubrigà de recounoushe qu’ent’ ou païs mentounasc i san pran de bele fremenete, da qù Henry Bennet pensa de trovà ra particularità da belessa taliana segound elou. Cesar Provençal traça rapidament ou pourtré da Mentounasca : « Ra Voulutà o ra Venus de Mentan pouhe esse moushàia u pe descausse e a testa en cabelhe, a cabelhatura magnìfica courounàia dam’ a fioù dou limounìe o de leandre, una coarba de limoù sus’ a testa metùa sus’ un bustou maestous ». Un autre vilegiaturista dou sécoulou XIX meterà en evidença, en gardéent r’andahura de limounairise, nan a soua fatiga ma putost qu’ela douna à soue anque un mouviment sugestivou que fà pensà ent’e danse maure d’Alger e qu’oubriga d’avé « un coutilhan scurchà que laisha travé dou pourpusse de cambe brounzà, da r’ària e dou sourelh, ma ben fache… ». Se capishe ben, dam’ aquele paraule, ra fouga dou desideri piatà : una mesquiada de visian eroùtica –ra cavilha- e de desgust –ou brounzage- . Ra limounairise s’en arrìe, chalabrouna, canta en corou : ela destouna dam’ e autre garçoune pouliçàie qu’aquelu viajatoù frecuentan. Ra Mentounasca ha un coarp dame de fourme generouse que desgaja d’audoù seducenti, vera enterpelacian du sensi. Una tradician loucale evoucàia rapresenta un rambament que perseguita aquele descricioù pèr fa-se de belesse. ‘n efet, un es enfourmà da « Menton Mondain », ra gazeta de r’épouca, que r’usou vouhe qu’a nuech u garçoù Mentounasque vagan soutilhà, coura ele duerman ent’ ou sen liech, ra fioù qu’e limounairise poartan darraire r’aurelha. Noun serìa pa ailì un’alusian ent’a virginità raubàia ?
A piaça d’Erba ese r’oucasian, pèr chertu ome, d’atardà-se. E mercante d’erbage san fresque e apetishente couma e sou marcansìe, vihe e brave, ben fache. « Menton Mondain » descrive aishì ra grana familha du lusinahoù que, ra maten, caminan à r’entorn du banque en tant qu’e freme, aquele dou païs e re servante, fan e soue spese, testa en cabelhe… ». Ou cucou, cigarou au bec, ven à badà davanch e bele fremenete viestìe pèr ou maten… ».

Revirada Solange Barberis-Mongondry (Felibressa mentounasca)


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