Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Ban Prenchìpiou pèr l’an que ven !

Bonne année pour l’an nouveau !
dimanche 31 décembre 2017 par Jean-Louis CASERIO, Richard LAFFITTE

Chaque premier janvier, ma sœur aînée et moi, nous prononcions les mêmes vœux aux mêmes personnes…
En ce temps-là, il était d’usage d’allouer une petite somme d’argent aux enfants bien éduqués qui se déplaçaient ce jour-là exclusivement pour souhaiter une bonne et heureuse année à tout membre de la famille recensé.
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Personne n’était oublié, et pour cause ! ......

BONNE ANNÉE POUR L’AN NOUVEAU !
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Chaque premier janvier, ma sœur aînée et moi, nous prononcions les mêmes vœux aux mêmes personnes… En ce temps-là, celui de notre enfance, dans la moitié du siècle dernier, il était d’usage d’allouer une petite somme d’argent (de la monnaie le plus souvent) aux enfants bien éduqués qui se déplaçaient ce jour-là exclusivement pour souhaiter une bonne et heureuse année à tout membre de la famille recensé. De proche ou lointaine parenté, personne n’était oublié, et pour cause ! L’itinéraire était invariable un an sur l’autre, sauf décès à déplorer dans l’année…
A l’heure où certains rentraient du réveillon passablement éméchés, nous mettions nos « habits du dimanche » et, après avoir mouillé du pain dur dans un bol de café au lait, nous voilà partis. Le point de départ se situait près de la place du Cimetière. Direction les escales les plus éloignées avec l’intention non avouée de se débarrasser du plus fatigant voire du plus barbant.
« Bonne année tanta Rica, bonne année tonton Augustin, et surtout bonne santé ! » On ne les voyait qu’une fois dans l’année, ce jour-là. Autant faire semblant et se garder de se montrer désagréable ; surtout que la trotte qui pouvait s’évaluer à quatre ou cinq heures de marche à pieds était bien rémunérée. La limite de Menton-Ouest franchie, on entrait dans le quartier Carnolès… Et là, dans la dépendance d’une villa de maître, tonton Victor et tata Fifine nous accueillaient sans tralala. Les habituels vœux, quelques friandises, un petit billet à chacun et c’était le retour ; quelques deux heures s’étaient déjà écoulées. Les deux haltes suivantes bien à propos étaient proches l’une de l’autre. Presque au bas du Borrigo, habitaient tonton Francis et tata Marie qui nous étaient beaucoup plus familiers. Plus à l’aise, nous jouions un bon moment avec leurs filles, nos cousines. A quelques encablures de chez eux, tonton Jean et tata Suzanne vivaient leur existence d’éternels amoureux sans progéniture.
On approchait de midi lorsque nous étions rendus à l’ultime endroit que l’on se devait de visiter. La place des Logettes était témoin de nos jeux d’alors : marelle pour les filles, billes pour les garçons entre autres. Toute une lignée à la parenté très rapprochée logeait dans l’immeuble jouxtant la place, c’était le dernier lieu où nous étions appelés à quémander. Notre bisaïeule Mamaï clouée à un fauteuil à cause d’une fracture du fémur irréparable à l’époque, sa fille, notre grand-mère Cécile veuve sans remariage de la première Guerre Mondiale, et notre tante Rose, sœur de notre père, nous gâtaient durant tout l’an et le premier janvier produisaient chez elles un regain d’affection qui se traduisait par le don d’espèces aussi bien sonnantes que frissonnantes.
On avait hâte de dresser le bilan d’une matinée aussi usante qu’enrichissante. L’escarcelle était pleine et la foire serait là à la fin du mois. Nous n’y serions pas de simples badauds à baguenauder d’un stand à un autre. Un surplus apporté par quelques baptêmes avec la monnaie éparpillée sur le parvis par d’heureux parents à la sortie de l’église Saint-Michel et la fête pouvait commencer !
Richard Laffitte

BAN PRENCHÌPIOU PÈR L’AN QUE VEN !
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Cada primou de r’ann, ma souarre e mi, anavan à souhetà u auguri ent’a familha.Ent’aquelou temp, dou sécoulou passà, se dounava un poc de mounéa ent’u enfante ben alevà qu’anavan à vé u parente, sempre pèr ou primou de genarou. Ou camen era sempre ou meme. Metìan u vestiti dou duménigue, e apress avé pilhà ou café, s’en partìan da piaça dou Trabuquet.
« Ban prenchìpiou tanta Rica, ban prenchìpiou barba Augustin, bouana sanità ! » que noun vehian qu’una vota de toute r’ann ! Carria fa bouana fegura !
Puhi anavan da barba Vitò e tanta Fifina que stasìan à Carnourés. Auguri, lecounarìe e un pichan bilhet à cadaen, era r’oura de n’ana-se n’en. Dejà doue oure qu’eran partì. Ent’ou bass dou ver dou Bourig, stasìan barba Francis e tanta Marìa, que counoushian mielhe. Jugavan un poc dame nautre cousine. Un poc pu luegn, stasìan barba Jouan e tanta Suzanna que n’avìan pa d’enfante… Poc à poc era temp de recampa-se à casa.
Verse mieji-jorn arribavan s’a piaça de Lougette douna jugavan à semana pèr e filhe, e bilhe pèr u garçoù. Tout una parentela loujava ailà pèr a darrìa vìjhita : maigran bisaga Mamai, maigran Cecilia qu’era védoua da guerra dou 14, e tanta Rosa, a souarre de nouaishe paigran, que nou gastavan toute r’ann e encara un poc pèr ou primou de r’ann !
Eran spreishà de cuntà u sòu qu’avìan recampà. A boursa ben piena pèr anà fa un girou à n’a jòstria pèr a fen dou mes. Encara quarque pecete recampàie pèr u bateà, s’a piaça da guieija San Miqué. A festa pourrìa coumençà !
revirada Jean-Louis Caserio, Félibre majoral


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