Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Le 17 février

Carnaval à Carnolès..

Dans « Le Coin du Mentounasc » de Nice-Matin
dimanche 18 février 2018 par Francis ZUNINO

Un proverbe roquebrunois accompagne ces textes :
Se pouhe menà r’ase proun loegn, loegn, ma quoura torna à Rocabruna es toujoù un ase !
L’on peut mener l’âne, loin, très loin, mais de retour à Roquebrune c’est toujours un âne !

Le mot carnaval vient du latin médiéval carnelevare, mot à mot : ôter, enlever la viande, la chair. On en trouve une forme fort ancienne (en 1268) en français : quarnivalle, qui est la période qui s’étend du jour des Rois -le 6 janvier- au mercredi des Cendres et pendant laquelle se déploient les plus importants divertissements de l’hiver.

CARNAVAL À CARNOLÈS

En 1947 au sortir de la guerre, alors que sévissaient encore « les restrictions » et leur cortège de « tickets d’alimentation » -un carnolésien très connu y gagna le savoureux surnom de « pesa-fume » (pèse-fumée) : il distribuait avec parcimonie, le si précieux tabac - les membres du Comité des Fêtes et des Sports de Carnolès décidèrent de créer un Carnaval. Comme le vin était rare et d’autant plus prisé, ils choisirent « Bacchus » comme Roi, lançant ainsi, sans doute involontairement, un lien entre l’ancienne tradition des « Bacchanales » et leur époque. Le Président Louis Lottier et son équipe trouvèrent l’enthousiasme et les compétences nécessaires pour mettre sur pied une manifestation qui se concrétisa le 2 mars 1947 tout au long de l’avenue Aristide Briand. Le corso carnavalesque ne comptait pas moins d’une douzaine de chars et plusieurs voitures fleuries mêlées à un grand nombre de personnes déguisées et de groupe à pieds. Entraînés par les refrains des groupes musicaux, ils défilèrent l’après-midi durant. Le succès fut considérable comme on peut le vérifier grâce à des films tournés par Monsieur Gilbert Bianchi, professionnel en la matière ou Emilien Vannet amateur éclairé. Il faut dire que la liberté retrouvée et le désir de chacun de participer à la fête générèrent beaucoup de bonnes volontés et le public participa en masse à cette manifestation. Celle-ci se renouvela ensuite chaque année jusqu’en 1954. Cependant le bénévolat étant moins évident, des problèmes d’organisation firent que le corso n’eut pas lieu en 1955. Par la volonté de Louis Lottier, devenu entre-temps Maire de la commune, la fête reprit en 1956 mais le grand froid et la neige de ce rude hiver portèrent un coup fatal à ce carnaval là.
. Francis Zunino

CARLEVÀ À CARNOULÉS

En mile nὸu-é-cent quaranta set, a fint d’a guerra, aloura que « aï restricioun » duravoun encara e tamben « u ticket d’alimentacioun », un carnoulésen proun counoushù gagna ou famous stranoum de « pesa-fume » : distribuava dame respàrmia ou tabac talament precious. U sochou de r’abadὶa e de jœg de Carnoulés decidavoun de faire un Carlevà. Couma ou vin era rarou e de mai stimà, an pilhà « Bacchus » couma Re, oucasiounent ashen, sensa dùbitou, invoulountariament, una relacioun tra l’antiga tradicioun des « Bacchanales » e a sὶa èpouca. Ou Président Louis Lottier e a sὶa equipà trovavoun a passioun e a capachità de fà una manifestacioun que a vist ou jou ou dou mars mile nὸu–é-cent quaranta set tout au long d’a carriera Aristide Briand. Ou Carlevà noun cuntava pa menou d’una dousena de charraban e proun de vetura fiourὶ mesquià a un gran noumbre de persouna mascaràia de mouroun a pen. Stirassà da u musicant, caminavoun tout au long d’apres-dirnà. Ou suchess era stimà couma se pouré veire dintre u film girà da Mounsù Gilbert Bianchi, proufessiounale dou cinéma o Mounsù Emilien Vanet amatoùr recounoushù. Se car dì que a libertà retrovà e ou piaje de cada-un de pilhà ’na part a la festa qu recampavoun proun de bouana voulountà e proun de gent se mesquioun a aquesta manifestacioun. Aquela se renouva cada anàia fint’a mile nὸu-é-cent cinquanta quatre. En tant a bouana voulountà se perde, u problema d’ourganisacioun an fash que ou corso noun è sourtì en mile nὸu-é-cent cinquanta cinq. Per a voulountà de Mounsù Louis Lottier, devengù Mèra d’a coumuna, a festa a repilhà en mile nὸu-é-cent cinquanta sìe, ma ou gran fre e à nèu d’aquest brut envern a pourtà un cὸu mourtale a ou Carlevà. (parlà de Rocabruna)
. Traducioun per U chacharoun Rocabrunasc (febrarou 2018).


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