Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Autrefois, un récipient très utile aux multiples usages…

A jarra… en castilhounenc

mardi 20 mars 2018 par Jean RAYBAUT

LA JARRE ... en castilhounenc puis en français.

Autrefois, un récipient très utile aux multiples usages…

A JARRA…
A Castilhoun, cada-un avìa souta ou cubert, ma fouora tamben carque jarras per gardàr cu sa tante causas.Metiàn e pu vielhas sout’ à gouorga per que se iempissessan cada còu que fasìa ‘na ramàia. Car ben saupre que damoun sa couola d’aiga ni n’era gaire e carìa ecounoumisàr. Cour aviàn besoun d’un pau d’aiga, sourtian e anavàn en pilhàr dame ‘na bella cassa d’aràm.
Aviàn d’autre jarras, ma pu pichinas : fasian dès, quinze o vint litre magara : aquelas eran per l’ueri e es oulivas saràias (aiga, sar, auribaga). Aquelas eran tapaias dame un cubersel de bouosc.
I èra n’autra jarra, ma ben pu grossa (douos o tres cent litres). Aquela era daval en le faishas, apountelha au naish. Cad’an fasiàn ou sulfat (caussina, aiga e sulfat) per e choucas (e carque cous e tartìfias e e toumatis). Carìa iempìr a màquina dame ‘na cassa e aloura anavàn bagnàr e choucas qu’eran sa bounda de tout’ e faishas.
Ma in éra n’autre de jarra. ‘Na bella grossa. Aquela era sta enterràia e noun sourtìan que douos o tre parms. Un cubersel de bouosc tapava ben a jarra : car dire qu’aquel engen era ço que se souona, ahura e WC !!! Aquela jarra noun era tròu près da maijhoun… se capisse ! Avian fach un pichin chabot dame e canas que noun servìan pus per e faijouos e e toumatis, e coum’ acò a jarra noun se vehìa. De tant en tant carìa vudàr a jarra. Dame ‘na cassa carìa iempìr un sigillin qu’anavàn mete au pen de caulets o de toumatis.
De jarras coum’aquela noun s’en serviàn qu’en campagna. Au village era n’autra causa : au pian soutran da maijhoun eran e bestias (counìs, sauma e cabras). En un cantoun de l’estabi aviàn na citenla que rempiassàva a jarra. E cada matin anavàn vudàr ou sigillin…
Per vudàr a citenla avian de pichinas boutas que sounavàn « e baris » (25/30 litres). Aques baris eran tapàs dam un tap de bouosc enfroupa d’un toc de strassa. Se n’i era que douos baris e calavàn dam a sauma sus a bastièra. Ma coura n’ aviàn cinq o siei carìa pilhàr a carretta. Aque baris anàvan engraishàr es auriviès : fasiàn un talher ben founc au virou e vudavàn ou bari dintre.
Noun sai se es aurivas, toumatis e caulets eran « bio », ma su segur qu’eran buons… (parlàr castilhounenc) Jean Raybaut

LA JARRE…

A Castillon, chacun avait dans le grenier mais dehors aussi quelques jarres afin de garder qui sait quoi. Nous placions les plus vieilles sous la gouttière pour qu’elles s’emplissent à chaque averse. Il faut savoir que là-haut sur la colline de l’eau il n’y en avait guère et il fallait économiser. Quand nous avions besoin d’un peu d’eau, nous sortions et allions en prendre avec une belle louche en cuivre.
Nous avions d’autres jarres, mais plus petites : elles faisaient dix, quinze ou vingt litres peut-être : celles-là étaient pour l’huile et les olives salées (eau, sel, laurier). Ces jarres étaient bouchées avec un couvercle de bois.
Il y avait une autre jarre, mais bien plus grande (deux ou trois cents litres). Celle-là était en bas dans les planches, appuyée au bassin. Chacun composait son sulfate (chaux, eau et sulfate de cuivre) pour ses vignes (parfois les pommes de terre et les plants de tomates). Il fallait emplir la « sulfateuse » avec une louche et ensuite on allait asperger les pieds de vigne qui bordaient toutes les terrasses.
Mais il y avait une autre de jarre. Une belle grosse. Celle-là était enterrée et ne dépassaient que deux ou trois « palm » (15 à 20 cm). Un couvercle de bois fermait bien la jarre : il faut dire que cet engin était ce que nous appelons, de nos jours des…WC ! Cette jarre n’était pas tout à côté de la maison…cela se comprend. On avait fait une petite cabane avec les cannes (roseaux) qui n’étaient pas utilisées pour les haricots ou les tomates, ainsi la jarre ne se voyait pas. De temps à autre il fallait vider la jarre. Avec une grosse louche il fallait emplir un seau que nous allions mettre au pied des choux ou des tomates. Nous n’avions pas de ces jarres au village. C’était autre chose : le bétail était logé au rez-de-chaussée de la maison (lapins, âne, chèvres). Dans un coin de l’écurie nous avions construit une citerne qui remplaçait la jarre. Et chaque matin nous allions y vider le seau…
Pour vidanger cette citerne nous avions de petits tonneaux que nous appelions les « baris » (25/30 litres) fermés par un bouchon en bois enveloppé d’un chiffon. S’il n’y avait que deux « baris » nous les descendions avec l’ânesse sur le bât. Mais quand nous en avions cinq ou six il fallait utiliser la charrette. Ces « baris » allaient engraisser les oliviers : nous creusions un profond sillon autour et nous y vidions le baril dedans.
Je ne sais pas si olives, tomates et choux étaient « bio », mais je suis sûr qu’ils étaient bons…
Jean Raybaut


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