Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
A partir des souvenirs d’Olivier Oliviero

« Au pe dou men erbou », en Mentounasc

une « adatacian » par Mauri Osicki-Ampolini, d’après des propos recueillis par Jean-Claude Volpi
dimanche 24 février 2019 par Jean claude VOLPI, Mauri OSICKI - AMPOLINI

Ce texte « Au pied de mon arbre… » vous permettra de mieux vous situer sur le chemin du Rosaire, sur la colline de Puypin à l’Annonciade. et de mieux faire connaissance avec certains témoins de l’histoire… mentonnaise

Sur la colline de Puypin…
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A ROU PE DOU MEN ERBOU
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U vielhe mentounasque an quarque vote de secrete que san du da liberà ! Pèr arribà à counoushe-ru car avé gagnà ra soua counfiença pèr en proufità. Despuhi tante anàie, Olivier Oliviero, naishù ent’ou Ver dou Carei, a su scoutà aquelu vielhe e aishì a poushù servà pran d’enfourmacioù sus’ou nouaish païs, particoularment a stòria d’un aurevìe, sounà autra-vota « R’aurevìe dou jueg » !
Una mentounasca, verament dou païs, qu’ou paire, temp fà, avìa aquelou predi dam’ aquer Olea Europea, a ben voushù cunta-ri a soua stòria e perqué se sounava aishì. Es un aurevìe pran vielh, milenari scaijhi coum’aquelou de Rocabruna. I car tre persoune pèr en fà ou girou dame si metre de circounferença au mancou, certament ou pu grosse da Cità dou Liman. Ou « teniment de Couroumbiere » a un carroubìe vielh couma elou, mà nou’i n’a d’autre aquì. Aquelou erbou que cad’ann se cuerbe de rame jouhe, ese piaçà en riba dou Camen dou Rousari, que mena à r’Anounciata, s’a coulina de Pepen. Ese un testimoni da Stòria ! Pourerìa bisbilhà de stòrie de vite d’époque diferente, coum’aquele du campagnoli qu’anavan à vende à Mentan ou fruch du se travalhe du o pèr menà e soue aurive à u defici dou Carei. A stanquessa, a caroù fasìan qu’aquestu ome se repausavan sout’u broute proutetoù d’aquest’aurevìe. Proufitavan aloura de ‘sta pausa pèr fà una partìa de « Mourra », un vielh jueg , vengù de luegn, forshi d’Egypte e menà aquì du roumane, aquelu que aurìan traçà e nouaishe camì antigue, coum’a Via Jùlia Augusta. Quarque pecete pariàie sus’ou numarou à trovà qu’ou mestre de jueg fasìa dam’u dé. Ese certament aquò qu’i a dach aquelou noum, ahù desmentegà !
Olivier Oliviero prechisa qu’aquelou aurevìe, pran gross, emblema dou sen pichan-noum, fà sempre a sentinéla sus’aquelou camen peirous. Camen qu’era una façan de rejougne a riba da marina à Castilhan, Souspé, a Bevera e tamben a Ròia, couma aquelou dou vilage de Castelà.
Davanch aquelou aurevìe au trounc endoulent, ma poutent e toute stouart, que sgourga d’un gerb pien de baragne, se pouhe imaginà qu’au moument dou sen piantìe san passàie re darrìe legioù da Gala Roumana.
Adatacian Mauri Osicki-Ampolini
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AU PIED DE MON ARBRE…
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Les vieux Mentonnais connaissent quelques secrets qu’ils ne livrent qu’avec parcimonie. Aussi faut-il gagner leur confiance pour en bénéficier. Depuis des lustres, Olivier Oliviero, enfant de la vallée du Careï, a su les écouter et glaner de nombreuses informations qui font partie du socle de sa mémoire sur notre contrée.
Ainsi, veut-il bien partager l’histoire d’un olivier millénaire, véritable patriarche au même titre que celui de Roquebrune-village (mais bien plus jeune que lui !). Elle lui a été racontée par une authentique Mentonnaise dont le père était, d’antan, propriétaire du terrain sur lequel cet oléa européa (nom scientifique) avait été planté.
Il s’agit du plus gros arbre de la cité du citron-roi avec plus de six mètres de circonférence (il faut 3 personnes pour en faire le tour). Il est vraisemblablement, le plus vieux avec un caroubier du domaine des Colombières.
Un témoin de l’histoire ! Le vieil arbre, aux jeunes rameaux annuels, est situé en bordure du chemin du Rosaire sur la colline de Puypin à l’Annonciade ; lui-même peut chuchoter des tranches de vie anciennes relatives à nos territoires. Comme celle de ces paysans qui, venant des campagnes voisines, allaient vendre, à Menton, le fruit de leurs durs labeurs ou bien faire moudre leurs olives aux moulins du Careï. Certains n’hésitaient pas à faire une pause sous les frondaisons protectrices. Une étape qui était parfois placée sous le signe de l’amusement car ces paysans s’adonnaient à « La Mourra », un antique jeu d’argent égyptien importé par les Romains, ceux-là même qui auraient tracé nos antiques voies de liaison. De quel jeu s’agit-il ? Quelques piécettes pariées sur le chiffre exact à découvrir que le maître du jeu faisait avec ses doigts… N’est-ce pas cette activité qui a donné son surnom à l’arbre vénérable ? Appellation tombée dans l’oubli : « l’olivier du jeu ».
Olivier Oliviero indique que cet énorme olivier, emblème de son propre prénom, trône toujours comme une sentinelle sur ce chemin caillouteux qui était, avec celui du village de Castellar, une des deux façons de se rendre depuis le littoral -et la via Julia Augusta- vers Castillon, Sospel et rejoindre ainsi la Bévéra ou la Roya.
Devant ce tronc, indolent mais puissant et tortueux qui jaillit maintenant d’entre les herbes et les broussailles, ce conteur-né s’est-il posé la question : « Est-ce qu’à l’époque de sa plantation, ce jeune arbrisseau a-t-il assisté au passage des dernières légions de la Gaule romaine ? ».
Propos recueillis par Jean-Claude Volpi auprès de Olivier Oliviero


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