Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Un texte de Jules Monnier :

« Menton, un délicieux séjour…

et la revirada : « Mentan, un soujorn maravilhous… »
mardi 21 mai 2019

« MENTON, UN DÉLICIEUX SÉJOUR… »
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La ville de Menton est le plus délicieux séjour que l’on puisse rencontrer. Elle s’étage en amphithéâtre sur un promontoire, divisant une baie, semi-circulaire en deux parties, dont l’une, au nom gracieux de golfe de la Paix, est bordée de terres alluviennes au milieu desquelles viennent s’évanouir les pentes des montagnes. Elle l’emporte sur les cités plus occidentales du littoral méditerranéen par la douceur et l’uniformité de son climat, protégée qu’elle est, directement au nord, par les contreforts des Alpes, qui décrivent au-dessus d’elle un immense hémicycle de cimes dont l’altitude moyenne varie de 1000 à 1300 mètres. De toutes parts la vue se repose sur une charmante végétation : près du rivage prospèrent les citronniers, les orangers, des arbres exotiques ; plus haut, des oliviers ; plus haut encore, sur les pentes supérieures, les pins sylvestres.
Menton doit à ses citronniers une renommée universelle. C’est que son climat réunit toutes les conditions propices à ce genre de culture, qui dans toute l’Europe ne trouverait, excepté en Sicile, un coin de terre aussi privilégié. A Menton le citronnier prospère en, pleine terre comme les pommiers, les poiriers dans le nord de la France. Il est tellement exubérant de force, de vie, que pendant toute l’année ses branches portent des fleurs et des fruits, les uns à l’état embryonnaire, les autres à des degrés divers de maturité
Cependant si certains citronniers se distinguent par l’ampleur de leurs dimensions, ils le cèdent sous ce rapport aux oliviers mentonnais, qui atteignent des proportions aussi phénoménales’ que leurs formes sont étranges, surtout au Cap Martin, où certains troncs sont contemporains des premières années de l’ère chrétienne. Les orangers, relativement en petit nombre, donnent surtout de jolies sanguines ; mais généralement leurs produits sont de qualité médiocre. Enfin les cédrats, les figues, les fleurs et les feuilles employées à la distillation des parfums forment les autres productions de cette terre fortunée.
Quel contraste entre cette mer toujours bleue, ce ciel éternellement serein, cette campagne luxuriante et l’habitation de l’homme, qui semblerait s’en dérober systématiquement la vue si l’on ignorait les incursions perpétuelles qu’y firent depuis les temps anciens tous les pirates de la Méditerranée. Si de nos jours une nouvelle ville, la ville d’hiver, la ville des étrangers et des malades, s’est créée le long d’un beau quai en bordure de la mer, en haut subsiste toujours la vieille ville du moyen âge, la ville des Mentonnais, la ville de toutes les saisons, aux rues pittoresques, qui était étagée et blottie au pied d’un château fort, à l’abri de solides murailles aujourd’hui disparues…
Jules MONNIER (Notre belle patrie, Hachette Paris, 1888)
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« MENTAN, UN SOUJORN MARAVILHOUS… »
Ra vila de Mentan es ou pu maravilhous soujorn qu’un pouhe fà. Ela ese facha à pià metù soubre un de r’autre couma un enfiteatrou susa un proumountori, que divide un’ansa, mieje circoulare, en doue partìe ; una partìa, sounàia dou belou noum de Golf da Paz, ese bourdàia de nita douna venan à svani-se re pèndite de mountagne. Paràia dou fréi au nord da u countrafoarte de Arpe, que fan de susa da ela una mieja-luna de cime d’un’autessa mejana de1000 àhttp://www.sahm06.com/ecrire/ 1300 metre, Mentan es ra cità que ha ou climà ou pù douss e ou pù mahi regoulari de toute re cità da riba de marina da Mediterrànea. De tout u coustà se pouhe vé una bela vegetacian : press da marina prousperan u limounìe, u pourtougarìe, d’erbou esòtiqui ; pu aut, u aurevìe ; encara pu aut, sus e pendite soubrane, u pi.
Mentan déou ent’u se limounìe d’esse counoushùa de dapertout ent’ ou moundou. Ese qu’ou sen climà rajougne toute re coundicioù proupici pèr aquela courtura que noun troverìa, echetou en Sicìlia, una terra tant privilegiàia. A Mentan, ou limounìe creishe diretament ent’a terra couma re meriere, u perussìe ent’ ou nord da França. Ese talament soubraboundant de foarça, de vita, que durant toute r’ann re soue branque poartan re fioù e u fruche, tout en ensém aquelu en germ e aquelu en gradu divers de maturità.
Entant, se chertu limounìe se destingan pèr r’empourtança de soue demensioù, elu se quinan pèr acò davanch u aurevìe mentounasque que arriban à avé de proupourcioù autant fenoumenale que re soue fourme san stramante, soubratout ent’ ou Cab Marten, douna certe chouque san countempourane d’u primi anne de r’épouca cristiana. U pourtougarìe, relativament menou numerouse, dounan soubratout de bele sanguine ; ma generalament san gàire bò. Anfen u cedratu, re figue, re fioù e re fuelhe utilisàie pèr ra destilacian du proufumi coustituìshan re autre prouducioù d’aquesta terra fourtunàia.
Que countrastou entra aquela marina sempre blu, aquelou chelou eternament quiarou, aquesta campagna soubraboundanta e r’abitacian d’u ome que semelherìa desdegnà sempre ra vista se un noun counousherìa re numerouse envasioù que fasìan, despuhi u tempe antigue, tout u pirate da Mediterrànea. Se, ancuhi, una vila nova, vila d’envern, vila du strangìe e du maràute, s’ese creàia au loung d’un belou qué en riba da marina, au soubran se manten sempre ra vila vielha de r’age median, ra vila du Mentounasque, ra vila de toute re stajoù, dam’ u se camì pitouresqui, qu’era facha à pià e cantounàia dapé ou Casté, paràia da re soue muralhe soulide ancuhi despareishùe.
Revirada Solange Mongondry Barbéris., Felibressa mentounasca-SAHM


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