Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Crònica païsana

Quoura cantava rou magalh

texte de Serge Toscan-Chiaramonti, membre de l’atelier du mentounasc de la Sahm
jeudi 10 octobre 2019

« Quoura cantava rou magalh » ou l’histoire du chant du magalh, le compagnon de Serge, notre ami, paysan de Castellar…
(textes en mentounasc et en français)

CRÒNICA PAÏSANA
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QUOURA CANTAVA ROU MAGALH
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Pèr un maten belou dou mes de San Jouan, m’en su n’anach en campagna-mìa dam’ou men amig pèr recoultà quarque tartìfoule, un poc pèr ra casa mà soubretout pèr anà à vende-re en piaça.
Mounsù Magalh, ou men coumpagnan d’una statura roubusta e sfiràia, era prount pèr a batalha, mi tamben. Entrahinàvan à recampà e tartìfoule.
Me batìa dam’a terra e quoura sourtìa ra mouta pesenta, reviràva tamben rou men amig e ri dounàva un couarp sec pèr chapà aquesta argila dura. Acò fasìa un grosse choc pran speciale que reboumbàva ent’e couline. Aquestou remoù dou ferre sbatù couantra ra terra mountava pran aut ente r’ària ; ou Bress e rou Gramoundo devìan tamben sentì-rou. E mi, pensava aloura, dam’un pessug de noustalgìa, que poc temp fà, e nouaishe couale devìan cantà entr’ele, au reboumb dou magalh.
Qù fà encara atencian ent’aquelou soun aishì particoulari ? Forshi, rou spìritou du nouaishe vielhe, u campagnoli !
Canté, couline, erbou, valounete, sourgente e fouante...
Canté, canté toute… dam’a mùsica dou magalh.
Serge Toscan-Chiaramonti
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CHRONIQUE PAYSANNE
QUAND LE MAGALH CHANTAIT
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Par un beau matin de juin, je m’en allais à la campagne, avec mon ami, récolter quelques pommes de terre, un peu pour la maison mais surtout pour les vendre au marché.
Monsieur Magalh, mon compagnon, d’une stature robuste et effilée, ainsi que moi, nous étions prêts pour la bataille : la récolte des patates.
Je me battais avec la terre et lorsque je sortais la lourde motte, je retournais en même temps mon ami et lui donnais un coup sec pour éclater cette argile durcie. Cela faisait un bruit très spécial qui résonnait dans les collines. Le bruit du fer battu contre la terre s’élevait ; même le Berceau et le Grammont devaient l’entendre. Je pensais alors, avec nostalgie, qu’il n’y a pas si longtemps nos collines devaient chanter entre elles au son du magalh.
Qui fait encore attention à ce son si particulier ? Peut-être l’esprit de nos anciens paysans ! Chantez collines, arbres, ruisseaux, sources et fontaines...
Chantez, chantez tous ...au son du magalh.
Serge Toscan-Chiaramonti


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