Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
A l’occasion du 150e anniversaire de l’arrivée du train à Menton et Roquebrune Cap Martin

Une voie ferrée en guerre (1940-45)

Revirada en mentounasc : Guerra s’ou camen de ferre (1940-45)
mardi 12 novembre 2019 par Jean-Louis CASERIO, Michel BRAUN

A l’occasion du 150e anniversaire de l’arrivée du train à Menton et Roquebrune Cap Martin
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UNE VOIE FERRÉE EN GUERRE (1940-45)
La voie ferrée de la Riviera a été tributaire tout au long de son existence de la qualité des relations politiques franco-italiennes. Avec l’arrivée au pouvoir en Italie de Mussolini (1922), une période sombre s’annonce. Suite à la signature du pacte germano-soviétique, Hitler lance ses armées contre la Pologne le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne. Dès lors le service ferroviaire avec l’Italie se réduit. Un contrôle sévère des passagers et des marchandises est mis en place en gare de Menton, la gare de Menton-Garavan est même fermée au service.
Début juin 1940, on s’attend au pire et la population mentonnaise est évacuée en deux nuits, les 3 et 4 juin. 13.000 habitants de la ’’cité des citrons’’, de Carnolès et du Cap Martin quittent leur domicile avec quatre jours de vivres et 30 kilos de bagages. Plusieurs trains spéciaux sont mis en route, ainsi que 200 rotations de cars/130 de camions. 10 juin 1940, la déclaration de guerre italienne est effective. A minuit, le Génie français détruit à l’explosif les ponts ferroviaires enjambant les vallons du Gorbio (Pont de l’Union), du Borrigo et du Careï afin d’empêcher toute avance ennemie par voie ferrée. Côté italien, 3 trains armés d’artillerie de marine, tractés par des machines à vapeur, sont alors basés près du tunnel de la « Batteria » pour faire feu sur les positions françaises. 20 juin, le train n° 2 ’’Albenga’’ prend position, pour tirer sur le fort du cap Martin. Le puissant ouvrage du Mont Agel lui vient en aide et détruit complètement le train le 22 juin, tuant 9 artilleurs dont le commandant Ingrao. Après l’armistice du 24 juin, la zone occupée de Menton est pratiquement annexée par l’Italie.
Les chemins de fer italiens reprennent en mains l’exploitation de la section frontière. Les ouvrages détruits sont reconstruits par le 1er régiment du Genio ferroviario. Le premier viaduc à revoir passer des trains est celui du Careï. Dès l’automne, un service réduit est mis en place entre Ventimiglia et Mentone à l’aide de locomotives à vapeur. Les viaducs sur le Borrigo et le Gorbio sont ensuite remis en place. C’est d’ailleurs le long de ce dernier vallon que va désormais se trouver la nouvelle frontière. La France se trouve alors dans l’obligation s’établir à la hâte une une nouvelle halte ferroviaire à Carnolès, équipée d’une voie pour les manœuvres.
De leur côté, les Chemins de Fer italiens souhaitent faire de la gare de Menton une vitrine et y installent des équipements les plus modernes. Les « Ferrovie dello Stato » électrifient la section Ventimiglia-Mentone qui est mise en service le 1er mars 1941. Septembre 1943, à la suite de l’armistice signé par l’Italie avec les Américains, les troupes italiennes se replient dans leur pays, poursuivies par les troupes allemandes. Dès lors, Menton redevient une ville française sous l’occupation allemande. Les Allemands utilisent aussi la voie ferrée de la Riviera pour acheminer vers le Reich toutes sortes de matières premières qu’ils pillent en France.
Le 15 août 1944, les Alliés débarquent dans le var puis atteignent Nice et enfin Menton le 7 septembre.
Pour Menton et Roquebrune-Cap-Martin, il faudra attendre début mai 1945 pour voir revenir un premier train, il s’agit de l’autorail Bugatti n° ZZB-4204 qui est accueilli triomphalement par nos populations.
Michel Braun
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GUERRA S’OU CAMEN DE FERRE (1940-45)
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Au mes de San Joan de 1940, u mentounasque devan partì : 13.000 d’entra elu, de Carnourès e dou Cab Marten quitan e soue case dame 4 jorne de prouviste e 30 kilo de bagage, e pa de mai. Tantu tri, carre e camioù san nechessari. A mieja-nuech u poante dou valan de Goarbe, dou Bourig e dou Carei san destruche. Costà talian, 3 tri san piatà sout’a Batteria pèr tirà vers à França. Ou 20 de San Joan, ou tren n° 2 ’’Albenga’’ pilhà pousician pèr tirà s’ou foart dou Cab Marten. Ou canan da coala d’Agé destruch ou tren talian ou 22 de jougn, massent 9 sourdati e ou coumandant Ingrao. Après l’armistice dou 24, a zona oucupàia de Mentan ese anessàia pèr l’Itàlia .
U camì de ferre talian repilhan en man tout acò e u pouante san reparà da ou 1er regiment du Genio ferroviario.
Pèr r’autoun, u tri caminan tra Ventemilha e Mentan dam’e loucoumotive à vapoù. U pouante s’ou Bourig e ou Goarbe san refache. A frountiéra nova es aloura s’ou pouant dou valan de Goarbe. E u tri s’arrestan aloura à Carnourés.
U Talià fan da gara de Mentan una vetrina mouderna pèr elu. E « Ferrovie dello Stato » eletrifiant a ligna Ventemilha-Mentan ou 1er de mars 1941. Setembre 1943, apress l’armistice signà pèr l’Italia e u Americà, e stroupe taliane s’en retornan da elu. Mentan redeven una villa francesa souta r’oucupacian du Alemà. Aquelu se siervan dou camen de ferre pèr manda n’ou Reich toute soarte de cause qu’an pilhà en França.
Ou 15 d’aoust 1944, u Alié desbarquan n’ou Var e arriban à Nissa puhi à Mentan ou 7 de setembre.
Pèr Mentan t Rocabruna-Cab-Marten, carrera asperà fint’au mes de majou 1945 pèr vé retornà ou primou tren : l’autoralh Bugatti n° ZZB-4204 qu’es aculhì triounfalament pèr a poupulacian d’aquì.
Revirada da Jean-Louis Caserio, Felibre Majoral


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