Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
A partir d’un texte de Madame Jacqueline Martial-Salm,

Sus’ a pouncha da Colla Rogna… Ou Bastian a fach 4 sécouli !

revirada en mentounasc par Jean-Louis Caserio
mardi 10 décembre 2019 par Jean-Louis CASERIO

A la pointe de l’éperon rocheux de la Colla Rogna…
LE BASTION SAINT-ANTOINE FÊTE SES 400 ANS !
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Le petit fort, dit le Bastion Saint-Antoine, se trouvait à la pointe de la Vieille Ville entre les deux baies dominées par la colline de la Ville et du Château. L’idée de fortifier cette avancée dans la mer a été faite par Honoré II, prince de Monaco, quand il voulut transformer Menton en petite capitale ; L’Ordonnance de 1618 stipule :
« Moi, prince Honoré II désire que, sur le roc isolé, marquant la pointe de l’éperon portant la ville fortifiée de Menton, soit édifié un Bastion qui avance dans la mer et devienne la tête de la dite cité pour la défendre des flottes ennemies. » L’inscription placée au-dessus de la petite porte du premier étage du Bastion relate in extenso cette Ordonnance.
Le Bastion est donc bâti en 1619. L’inventaire de 1664, précise l’armement de Menton à cette époque :
« deux quarts de canon à feu – Plus au Poste appelé Capetole une pièce pareille – Plus sur le Bastion Saint Antoine une autre pareille et trois pierriers en bronze avec leurs boetes – Sur le Bastion quatre pièces de canons de feu tous montés. »
L’inventaire au décès du prince Louis 1er donne d’autres précisions sur le fortin :
« Au rez-de-chaussée (qui serait l’arsenal) : 6 mousquets, 4 arquebuses, 10 allebardes (sic), 4 cuillères à canon, 2 refouloirs, 3 vieilles piques, 1 tambour, 1 grande table. Dans une petite chambre (au 1er étage) : un banc de bois blanc pour un lit ; 4 fourniments ; 1 vieil étendard de la Maison et 3 cordes pour l’arborer. Sur la plateforme dudit Bastion : 4 canons à feu montés sur leurs affûts dont un est cassé ; une petite cloche fendue à 1 des quatre guérittes (sic) ; 1 baril de 4 livres de poudre et 3 aiguilles à canon. »
Le fortin à usage défensif et de surveillance était important par sa position stratégique. L’accès du fort isolé dans la mer, relié à la terre par un pont en bois facile à détruire en cas de nécessité, était assuré par un escalier en bois en arrivant directement au premier étage par un petit pont levis ; l’emplacement des poulies avec l’usure des cordes est encore visible.

Le Bastion servit militairement à plusieurs reprises ; lors d’une attaque étrangère contre les Espagnols, en 1624 et en 1636 ; et il montra alors son utilité. Il fut d’ailleurs endommagé en 1636 car il nécessite alors des réparations en 1639.
Les canons eurent un autre service à assurer, celui des saluts des fêtes religieuses, notamment de la Fête-Dieu : il devait tirer 11 coups.
Il servit un temps de prison en 1848 lors de la Révolution des Villes Libres de Menton et de Roquebrune, usage qu’il retrouvera en 1943-1945.
Les travaux de 1861 prévoyaient l’installation d’un entrepôt de sel, le Bastion étant alors désarmé depuis 1853. Les 148 boulets de 32 et les 2 pièces de canon furent portés à Villefranche où il y avait un dépôt d’artillerie. Le canon de bronze, lui, est vendu pour 5006 francs pour le compte de l’église et de la mairie.
Il fut aussi le support du phare dans les années 1880 avant que la digue ne fût construite et le phare placé au bout de celle-ci. Le Bastion est ensuite abandonné jusqu’au jour où un poète, Jean Cocteau, décida de lui redonner vie. L’Administration des Douanes le concède en 1960 à la Ville de Menton et les travaux peuvent commencer.
Jean Cocteau ayant obtenu l’accord de la ville pour créer son Musée, conçut entièrement l’aménagement intérieur et la décoration ; il voulait un musée à son image où il laisserait de nombreuses œuvres plastiques : « Tout est Cocteau et Cocteau est tout » car tout a été prévu, voulu, élaboré, œuvré par lui. R. Raimbault en 1966 décrit très bien la disposition du nouveau musée : « Dès la porte ornée de mosaïques de galets dessinées par Cocteau, s’affirment la personnalité et la pensée du Maître. Gravis les quelques degrés d’ardoise noire qui débouchent dans l’ancienne casemate, on pénètre, hors du siècle et du monde, au cœur même d’un rêve d’artiste devenu réalité, dans cette crypte, jadis aveugle et muette, ou sommeillait le temps et à laquelle a suffi le souffle d’un poète pour trouver une âme. »
D’après Jacqueline Martial-Salm (bul sahm n° 29 - 1984)
Sources et documentation : Archives du Palais de Monaco, Archives municipales Menton
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Sus’ a pouncha da Colla Rogna…
OU BASTIAN A FACH 4 SÉCOULI !
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Ou Bastian Sant-Antoni è stach bastì en 1619, souta ou prènchipe Onoratou II de Moùnigou quoura elou a voushù trasfourmà Mentan en pichouna capitala ;
L’inventari a ra desparician dou prènchipe Louis ou 1er douna quarque precisioù sus’ou fourtalet :
« Ent’ou pian-terren : 6 mousquete, 4 squebujhe, 10 lambarde, 4 curilhe à canan, 2 refoulaire, 3 vielhe pique, 1 tambara, 1 grana taura. Ent’a stansieta dou primou pian : un banc de boasc bianc pèr un liech ; 4 fournimente ; 1 vielha bandiera da Casa e 3 coarde pèr staca-ra. Sus’a piatafourma dou bastian : 4 canoù à fueg mounta sus’ou sen fust (un ese rout ; una campaneta squiapàia ; 1 barrì de 4 lioura de pourve e 3 agulhe à canan. »
Ou fourtalet avìa una pousician strategica. Envirounà da marina, ou bastian è religà dam’a terra d’un pouant de bouasc fàchile à destruge ; una scara de bouasc pèr mountà diretament au primou pian da un pouant-levaiss ; r’empiaçament de poulìe dam’a frustahura de couarde se vehe encara.
Ou Bastian a siervì militariament tante vote ; pèr una ataca du spagnoli en 1624 puhi en 1636 ; e a moushà a soua utilità. Ese stach danejà en 1636 e a caishù repara-rou en 1639.
U canoù siervian encara pèr ou salutou de feste religiouse couma a festa de Nouaishe-Signoù : ou canan devìa tirà 11 còu.
A siervi un temp couma pijhan en 1848 pèr a Revoulucian de « Ville Libre » de Mentan e de Rocabruna, usage qu’a repilhà en 1943-1945.
En 1861 éra previst de fa-ri un masaguen de sa, ou Bastion essent aloura desarmà despuhi 1853. U 148 boulete de 32 e re 2 pece de canan san stache menàie à Vilafranca douna i era un masaguen d’artilherìa. Ou canan de brounze, elou, ese stach vendù pèr 5006 franc pèr ou cuenti da ghieijha e da merìa.
Ou bastian a soustengù ou fanà ent’u anne 1880 avant qu’a diga noun foussa bastìa e ou fanà piaçà s’a pouncha da diga. Ou Bastian ese stach abandounà fint’au jorn douna un poueta, Jean Cocteau, dechida d’i redounà vita. L’Aministracian de Dugane ou councheda aloura en 1960 ent’a vila de Mentan.
Jean Cocteau d’acordi dam’a vila pèr fa-n’en ou sen Musé, a counchepì l’amenajament dou dedintre e a decouracian ; vourìa un musé à soua image douna i laisherà tante obre belle : « Tout ese Cocteau e Cocteau ese tout » perqué tout ese stach previst, fach da elou.
Ent’aquelou bastian, borni e mut, douna durmìa ou temp e ent’aquelou, basta ou soùfie d’un poueta pèr douna-ri un’ àrima…
Revirada da Jean-Louis Caserio, Félibre Majoral


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