Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Le temps de Pâques est arrivé

texte et revirada de Jean-Louis Caserio
lundi 13 avril 2020 par Jean-Louis CASERIO

OU TEMP DE PASCA
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Ent’a Semana Santa, se fasìa r’oufici de tenebre. U enfante pourtavan crihaoù e caishete de peire e scourlavan tout acò pèr fa un gran remoù ent’a guieijha. Pèr ou Jòu-Sant, u Batù bianque, pourtavan a stàtua dou Beatou Servatoù e u Batù negre aquela da Doulourata pèr fa a vìjhita ent’ou Sacrament Sant. A proufessìa dou Venre-Sant, partìa da guieijha de San-Miqué, touta stendùa de negre e lusenta de toute candere acendùe e passava ent’e carriere dou Mentan-Vielh fint’ a piaça dou Cab. Tout’ e fenestre, barcoù, fenestroù e pouarte de case eran iluminàie. Venìan de luegn pèr assiste à n-aquela proufessìa : Ligurìa, Countéa de Nissa, Prouvença… Fint’ a regina d’Ingleterra, Victòria, en parla ent’ou sen journale en data dou 7 d’Abrì 1882. Ou Sata-Sant, e campane sounavan a Glòria e cadaen se segnava e se bagnava ou mourre.
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A taura de Pasca
Ou past de Pasca recampava tout a familha pèr un belou past. Pèr embelì a taura dam’un proufum de primavera, se pourìa pilhà de branquete d’erbourete, e prime fioù, a moufa fresca.... e pourìan ajougne quarque sìmboli de Pasca couma d’òu de galina, vulhà e pintà, de candere en fourma de gal e de campane, de nihou iempì d’òu en sùcarou. Se regalavan d’òu cueche dù e pintà de rouss, jaun, verd, blu… E freme de redriss fasìan couase e tourtiàie dam’un òu pintà ent’ou mitan, tengù dam’una crouseta de pasta fina. A Moùnigou, fasìan u canestrelu, en fourma de courouna dame dou òu susa.
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R’Agné de pasca
Ou past-gran de Pasca se fa sempre dame r’agné que se manjà s’a fourma d’un bélou camban acoumpagnà de faijhoue bianque. Ou camban d’agné s’alestishe de tante façoù : s’a broca, à l’alhet, en crousta de sa, roustì n’un jus de péure d’ase o de roumanin... N’ese pa un asard se r’agné es a carn dou past de Pasca, perqué r’agné dam’a soua enoucença e óubediença fa n’avisa-se dou sacrifice dou Cristou. De mài, n’aquela stajan, r’agnelan ese numerous e gustous. U mourre-leque cercan soubretout r’agné dou pra sarà, una delicatessa !
Jean-Louis Caserio, Majoral du Félibrige
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LE TEMPS DE PÂQUES
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Durant la Semaine Sainte avait lieu le célèbre office des Ténèbres. Les fidèles allaient entendre le son lancinant produit par les crécelles et autres caissettes remplies de cailloux. Le soir du Jeudi Saint, les Pénitents blancs portant la statue du « Bien-Heureux Sauveur » et les Pénitents noirs celle de Notre Dame de Miséricorde allaient rendre visite au Saint Sacrement. La procession du Vendredi Saint, partait de l’église Saint Michel, toute parée de noir et brillant des feux des mille cierges et passait dans les rues du Vieux-Menton. Sur son passage, toutes les fenêtres, lucarnes et portes des maisons étaient illuminées. On venait de loin pour assister à cette procession : Ligurie, Comté de Nice, Provence… Et même la reine d’Angleterre, Victoria, en parle dans son journal, le 7 avril 1882, lors de son séjour à Menton. Le Samedi Saint, les cloches sonnent le Gloria et chacun se signe et s’asperge le visage tandis que l’agriculteur se hâte de confier à la terre les précieuses semences.
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La table de Pâques
Le repas de Pâques réunit généralement la famille pour un repas exceptionnel. Pour le décor de la table, une ambiance printanière est facile à réaliser avec du matériel naturel : jeunes branchages, premières fleurs, mousse.... On peut y ajouter des symboles de Pâques, avec des oeufs de poule vidés et peints, des bougies en forme de poule ou de cloche, des petits nids de branchages remplis d’oeufs en sucre. Pour le dessert, les bonnes ménagères préparaient les échaudés portant enchassés les œufs durs colorés posés sur un croisillon de fine pâte. A Monaco, on confectionnait les canestrelu, gâteau en forme de couronne sur lequel trônaient deux œufs durs.
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L’Agneau pascal
Le repas traditionnel de Pâques fait toujours la part belle à l’agneau, que l’on mange généralement sous la forme d’un superbe gigot accompagné de haricots blancs. Le gigot d’agneau peut se cuisiner de diverses manières : à la broche ou à l’ail, en croûte de sel, rôti dans un jus de thym ou de romarin... Ce n’est pas un hasard si l’agneau est la viande par excellence du menu de Pâques, car l’agneau, par son innocence et son obéissance, rappelle le sacrifice du Christ. Par ailleurs, c’est à cette saison que l’agneau est disponible et savoureux. Le fin du fin étant l’agneau de pré salé, à la saveur inimitable.
Jean-Louis Caserio


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