Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

« Pèr u Santi »

La Toussaint, fête de tous les saints par Jean-Louis Caserio, en français et en mentounasc
dimanche 1er novembre 2020 par Jean-Louis CASERIO

LA TOUSSAINT, FÊTE DE TOUS LES SAINTS
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Ce temps de la Toussaint, raconte André Compan, est une halte importante dans les travaux de la terre, la lessive, la couture et autres services domestiques. On déconseillait vivement voyages et randonnées. La veillée entre parents et voisins permettait de remémorer le souvenir des défunts de l’année.
Avant la nuit du 31 octobre, qui vient tôt à l’automne, on se hâtait de semer le blé et l’on plantait fèves et salades pour les mettre à l’abri des parasites. « A la Toussaint, le blé doit être semé, fruits, pommes de terre et vin rentrés » dit le proverbe. De même, couvrait-on de canisses et de branchages les plantations de fraisiers et les petits arbres non encore greffés. On entoure, à l’ubac, certains végétaux de paille pour les préserver du froid et l’on cueille les derniers fruits « Pour la Toussaint, avant qu’il ne fasse nuit, les coings sont mûrs ».
Un repas simple marque la fin de cette journée de la Toussaint : les pois chiches, au maigre avec de la sauge et une large rasade d’huile d’olive ; ou encore une poêlée de châtaignes qu’on décortique et qu’on mange en famille ou entre amis.
Beaucoup de vieilles coutumes ont aujourd’hui disparu pour la Fête de tous les Saints (la Toussaint), une fête encore célébrée avec ferveur. La visite au cimetière se faisait en deux jours : le premier on nettoyait les tombes, et les fleurs étaient portées le lendemain. Il paraît aussi que, pour la Fête des morts, il fallait changer les draps de tous les lits, pour honorer les ancêtres morts qui reviendraient, la nuit, voir la famille ! On ne travaillait jamais le jour des Morts. On racontait qu’un pêcheur mentonnais, bravant l’interdit, trouva dans ses filets une tête de mort qui ne manqua pas de lui faire des reproches !
Jean Ansaldi, le poète mentonnais, a écrit :
« L’homme ne vit pas bien quand il cache la mort
qui est fin du voyage et repos dans le port.
Qui mesure le temps profite de ses heures
et ne perd pas sa vie à faire mauvais visage.
Les anciens de Menton comprirent la leçon
Qui creusèrent leurs tombes près des habitations. »
Jean-Louis Caserio
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PÈR U SANTI
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Aquelou temp, cuenta Andriéu Compan, marca una pausa ent’ou travalh da terra, a bugàia, ou cujhì e autre siervici da casa. Noun carrìa nan viajà o randouneà. A velhada tra parente e vesì permetìa de n’avisa-se du mouarte de r’annàia.
Avant a nuech dou 31 d’óutoubre, que ven vitou ent’aquesta stajan, eran spreishà de semenà ou gran e piantavan e fave e ensarate pèr mete-re ben à sousta da vermina. « pèr u Santi, ou gran ese semenà, fruche, tartìfoule e ven san dintrà ». Istess, carrìa curbì d’una canissada ou piantìe de mahousse e du erbourete nan encara ensertà. D’autre piante devìan esse palhàie pèr serva-re dou frei e fasìan a culheta de darrìe fruche « pèr u Santi, avant ou scù, u coudoù san mahù ».
Un past sèmpliche marcava a fen da festa du Santi : u cese au maigre dame de fuelhe de sàrvia e una béla rasada d’ueri d’auriva ; o encara una castagnada que se spartishavan familha e amigue.
Da segù, que d’usance du nòastre vielhe san despareishùe au jorn d’ancuhi. Una festa encara chelebràia dame pran de fervoù. Pareishe que, d’un temp, en païs nissart, a vìjhita au Casté se fasìa en dou jorne : ou primou, se neteava e toumbe, e e fioù se pourtavan ou lendeman. Pareishe tamben, que pèr a festa, carrìa cambià u lençoùe de tout’ u lieche, pèr óunourà u antenate mouarte que revenerìan, de nuech, veire a familha ! Noun se travalhava pèr ou jorn du mouarte. Se cuenta qu’un pescahoù mentounasc, a trovà ente soue rese una testa de mouart qu’i a tacà-lite de travalha aquestou jorn !
Jan Ansaldi, ou poueta mentounasc, a scrich :
« R’ome noun vive ben quoura piata ra mouart
qu’es ben ra fen dou viage e ra quietà dou pouart.
Cu mesura soun temp proufita de soue oure
e noun perde ra vita à sempre fà ou mourre.
U Viélhe de Mentan an capì ste lecioù
qu’an scavà re soue toumbe rasent e abitacioù. »
Jean-Louis Caserio, Félibrige Majoral


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