Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Le Noël de mes jeunes années - Natale dou temp antig

Testou de Marcel Viale, revirada da l’Atelié dou mentounasc-SAHM
mardi 29 décembre 2020

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Les Mentonnais sont encore nombreux à respecter la tradition, en souvenir des temps lointains et les liens avec le passé sont encore denses. Retour ligne automatique
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TRADICIAN DOU PAÏS…
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VIEUX NOËLS.......... Le Noël de mes jeunes années
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Marcel Viale, le chantre bien connu du terroir, nous remémorait, au cours d’une veillée, le Noël de ses jeunes années.
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A l’époque, on était plus attachés aux coutumes ancestrales, la religion était plus présente. Noël était le plus beau jour de l’année pour tous les enfants. Au début du siècle, dans la majorité des familles, Noël était placé sous le signe de la simplicité… Toutefois, peut-être chez l’aristocratie mentonnaise, dans les grands hôtels en était-il autrement…
Noël, c’est un bon repas en famille où rien ne manquait, excepté les huîtres et le champagne. Un bon repas que l’on faisait durer jusqu’aux abords de minuit en attendant de se rendre à la messe de minuit à Saint-Michel, célébrée par le curé Ortmans, ou bien, dès 1920 à l’église du Sacré-Cœur dont les travaux commencés avant 1914, interrompus par la guerre, venaient d’être terminés. L’on y retrouvait le curé Bonfante. Un bon repas donc, où rien ne manquait excepté des huîtres. Nos bons Vieux à Menton n’en ont jamais mangé, ils avaient peur de s’empoisonner, de même qu’avec les moules ! Toutefois, il fallait compter avec les villégiaturistes, pour lesquels il n’y avait pas de réveillon sans coquillages et qui eux aussi fréquentaient les palaces.
Il y avait ainsi à Menton, avant 1940, un seul marchand d’huîtres et de moules, François Fossati, installé sur un étal à l’entrée du marché municipal. Il devait fournir les hôtels et une certaine belle clientèle.
Tous les jours, à midi, après la vente, il allait immerger les huîtres et moules restantes au bout du vieux port pour les réoxygéner, l’eau étant claire, pas de mazout, pas d’autres ingrédients à l’époque…
On ne buvait pas de champagne non plus ; il faut dire que dans leur grande majorité, chaque famille possédait un lopin de vignes et faisait son vin, rouge en général et un peu de blanc, réservé aux jours de fêtes. Dans les familles, on buvait « son » vin ! Foie gras ? On n’en entendait presque pas parler.
L’offrande de la fougasse : On se servait toute l’année chez le même boulanger, et celui-ci avait l’habitude d’offrir pour Noël une fougasse à chacun de ses bons clients.
Les 13 desserts provenaient des campagnes mentonnaises : des oranges, des mandarines, des pommes, des kakis, des noisettes, du raisin de framboise sur la tonnelle, des confitures et des figues sèches entamées la veille de Noël et qui duraient jusqu’au mois de mars. Nous en séchions près de 100 kg, récoltées sur nos sept gros figuiers à notre campagne des Castagnins ou du Baousset et la fougasse gratuite du boulanger. On achetait aussi quelques dattes, des chocolats et surtout du nougat fabriqué à Castellar par Martin. On avait bien sûr notre « branda », notre marc de raisin. Il y avait encore quelques bouilleurs de cru à Menton et à Gorbio.
MARCEL VIALE (1914-2010)
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NATALE DOU TEMP ANTIG
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Tantu san u mentounasque a fà vive a tradician du tempe antigue. Marcel Viale, ou poueta pran counoushù dou païs, nou fà n’avisà dou Natale da soua jouventùra.
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Tempe fà eran mai ligà ent’u tradicioù vielhe, a religian era pran viva. Natale era ou pù belou jorn de r’ann pèr tout’u enfante. Scaijhi tout’e familhe fasìan un Natale sèmpliche, echetou r’aristocracìa mentounasca qu’anava ent’u oustàle granne… Natale era un ban past dam’a familha douna se manjava de tout echetou e uitre e ou ban ven spumous !
Se stasìa à taura scaijhi fint à miejanuech pèr anà à messa-grana de Natale à San Miqué, chelebràia da rou prevost Ortmans e apress i era tamben ou prevost Bonfante au Sacrà-Couhe.
U nouaishe vielhe avìan de tout da manjà mà avìan pahoù d’empoujhounà-se dam’e uitre e re muscle. Erousament aquelu que venìan en vilegiatura fasìan sempre un cachafueg dam’u couquilhage. Avanch 1940, Francescou Fossati era souret da vende uitre e muscle, stasìa au mercà doun’avìa un banc. Era elou que fournìa ru oustàle e una rica clientela. Tout’u jorne, apresse mejijorn anavà piounjà e uitre e re muscle que restavan ent’ou pouart-vielh à coustà dou fanà per oussigenà u se couquilhage. Ent’aquelou temp r’aiga era quiàra, sensa essença o autre pourcarìe.
Ou ven spumous noun se bevìa, scaijhi cada familha avìa un predi de vigna e fasìa ou « sen » ven, rouss prenchipalament e un poc de bianc servà pèr e feste. Ou fìgatou-grass n’era pa counoushù, ou poc.
Anavan toute r’ann ent’a stessa boulanjarìa e ou fournìe avìa r’abitùdine de regalà una fougassa pèr Natale ente cada bo-cliente.
U treze douçoù venìan da campagna mentounasca : pourtougale, mandarine, mere, kakì, avelane (linçouare), rasim de framboasa pilhà s’a tòpia, a fougassa dou fournìe, de counfeture e de figue seque qu’en manjavan fint’au mes de mars. Nautre, en secavan 100 kilò culhìe susa 7 grosse figuiere dou Castagnin o dou Baousset. Catavan tamben quarque dàtari, de chicoulata e de coubaita facha à Castelà da Martin. Avìan ben segù a nouaisha branda. I era encara de brandavenìe à Mentan e à Gouarbe.
revirada da l’ATELIÉ DOU MENTOUNASC-SAHM


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