Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Le tram à chevaux du Borrigo, un texte de Marcel Viale

« Ou tram à cavale dou Bourig », une revirada de Mauri Osicki-Ampolini
dimanche 24 janvier 2021

C’était au temps de l’ancien tram
LE TRAM À CHEVAUX DU BORRIGO
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Dans mes jeunes années (1920-1930), il y avait 2 trams à cavale : un pour la vallée de Gorbio et l’autre qui desservait les vallées Borrigo-Castagnins. Mis en service avant la Première Guerre mondiale, le tram du Borrigo fut exploité par la famille Delbecco, puis par Pié Verda et enfin par la maison Caputo. J’ai bien connu celui de la vallée du Borrigo pour l’avoir souvent emprunté. Il y avait deux couples de chevaux qui, se relayant, assuraient quatre services réguliers par jour entre la place Clemenceau et le moulin Lottier au Borrigo. Il comportait 12 places assises (sur des bancs très rapprochés les uns des autres) et 3 à 5 places debout. Le prix de la place était fixé à 0,50 frs dans les années 20, alors qu’à la même époque un trajet similaire coûtait de 3 à 5 frs en fiacre ou voiture de place.
Sur la ligne du Borrigo, le cocher, surnommé Jouanin, fut longtemps un personnage haut en couleur, la tête toujours cachée sous un grand chapeau gris et vêtu d’une veste foncée, été comme hiver.
Un jour de juillet 1924, j’avais alors une dizaine d’années, et il était midi, heure du départ du tram de la place Clémenceau. Comme chaque jour, nous avions pris place à bord du tram avec ma mère et une de mes tantes. Le tram était bondé et je m’étais installé à l’avant, debout à côté de la place du cocher. Celui-ci était allé boire un ballon. Les gens s’impatientaient. Sans trop faire attention, je touchais les rênes et les chevaux qui n’attendaient que cela, partirent aussitôt au petit trot dans la rue Saint Michel, pratiquement déserte, à cette heure-là. Ce n’est qu’aux abords de la rue Honorine qu’aux cris poussés par les voyageurs qu’un des cochers de fiacres qui stationnaient là, parvint à arrêter notre attelage, permettant à Jouanin de reprendre son poste au terme d’une course poursuite assez épique !
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En attendant le tram…
Autre anecdote, c’était une journée de novembre 1930.
J’avais 16 ans et je venais de prendre mon premier permis de chasse, et nous voilà partis, à pieds, un dimanche matin en compagnie d’un de mes bons amis, feu Honoré Lorenzi, caviste à l’époque aux Établissements Janvier Carenso. Direction Castillon, 5 heures du matin.
Après un affût matinal aux grives, aux abords du grand viaduc du Caramel, nous décidâmes d’aller prendre le tram à la gare de Castillon, située à l’entrée du tunnel, afin d’aller chasser en territoire de Sospel, beaucoup plus giboyeux… Le tram électrique qui partait de Menton, en place Saint Roch, à 8 heures, devait y passer vers 9 heures. Nous étions là à l’attendre dans la petite construction faisant office de gare, guettant son arrivée, lorsqu’un vol d’étourneaux fit son apparition. En vitesse, nous ouvrîmes la fenêtre, prêts à les accueillir et quand ils furent à tir, ensemble, nous faisons feu. Mais voilà, ayant un peu trop levé mon fusil, un Simplex, calibre 16, acheté à Manufrance pour 310 francs, ce fut un coin du cadre en bois de la petite fenêtre qui reçut la décharge, emportant le morceau !
Inutile de vous dire que ce jour-là, nous n’attendîmes plus l’arrivée du tram… !
Marcel Viale 1984
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OU TRAM À CAVALE DOU BOURIG
Coura era pichounet, à r’entorn de 1920-1930, i era dou trame tirà da u cavale : un pèr ou ver de Gouarbe e r’autre qu’anava ent’e valade dou Bourig e Castagnen. Avanch a Guerra-Grana, era a familha Delbecco qu’aministrava rou tram dou Bourig, puhi Pié Verda e anfen ra casa Caputo. Ai ben counoushù aquelou tram dou Bourig perqué me rou su pilhà tante vote. I era doue coùbie de cavale que fasìan quatre siervici ent’a journàia, da piaça « Clemenceau » e rou defici Lottier n’ou Bourig. Douze persoune pourrìan assetà-se susa de banque vesine e tre o cinq autre stasìan dreche. Ou pres da piaça coustava 0,50 F ent’e annàie 20, aloura qu’ou stess camen fach dam’una vatura à cavà o una vatura de piaça coustava de 3 à 5 Franc.
S’ou trajet dou Bourig, ou carroussìe, stranoumà Jouanin, ese stach pran de temp un persounage pitouresc : avìa ra soua testa sempre piatàia souta d’un capé grann e gris e era viestì d’una camijhouara scura, d’estade couma d’envern.
Un jorn, ent’ou mes da madarena de r’ann 1924, avìa aloura una diejhena d’anne, era scaijhi miejijorn, oura de partença dou tram da piaça « Clemenceau ». Couma cada jorn, pilhava rou tram dame ma maire e una de mìe tante. Ou tram era pien e me su metù d’avanch, drech à coustà da piaça dou carroussìe qu’era anach à béure un balan ! Tout ou moundou era spreishà. Sensa m’en acouarge, ai toucà re brile e sùbitou ru cavale que n’asperavan qu’acò se san n’anach e troutejavan ent’a carriera San Miqué, scaijhi vuelha ent’aquelou moument. Soulament arribà à coustà da carriera Nourina, u carroussìe de vature à cavà que staciounavan ailì han sentù ru ralhe de viajatoù ; i ‘n ha un que a poushù arrestà ou nouaish atelage, permetent aishì à Jouanin de repilhà rou sen postou, apress avé courregù eroïcament darraire ou tram !
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En asperent ou tram
Una autra vota, avìa 16 anne e venìa de pilhà ra mìa prima patenta pèr a cacha. Sema un jorn de nouvembre de 1930, un duménigue, anema à pe, ou men amig Óunouratou Lorenzi, boun’àrima, qu’era cavista da Carenso, e mi. Pilhema ra direcian de Castilhan, fà scu, san 5 oure de maten. Apress avé passà un moument pèr spià u tourdi à coustà dou pouant-grann dou Caramel, se dechidema d’anà fint’a gara de Castilhan, vesina da galarìa, pèr asperà ou tram qu’anava à Souspé. A cacha d’aquelou coustà, i era pran de gibié. Ou tram elèctricou partìa da piaça San Roc vers e 8 oure e devìa passà aquì vers e 9 oure. Se metema à sousta ent’a coustrucian que siervìa de gara e en soubrevelhent ou tram, vehema passà un vorou de stournelu. Dame lestessa durbema rou fenestran e coura san à distença boana, tirema tout e dou, ensem. Avìa un scubujh Simplex, calibre 16, catà à « Manufrance » pèr 310 Franc. Da segù, ai levà de trop ra mìa arma, en veche de r’aucé es ou cadrou dou barcounet qu’a rechevù ra descarga, fasent un belou chouat.
Es à dire qu’aquestou jorn, n’avema pa asperà ou tram !
Reviradà de Mauri Osicki-Ampolini


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