Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Roberto le Pirate, une vie consacrée à la fête (en français et mentounasc)

par Marsou Viano, J-C. Volpi et S. Mongondry Barbéris
samedi 13 mars 2021

Au Cap Martin… un marchand de bonheur
Il nous quittait le 13 mars 2010…
ROBERTO LE PIRATE, une vie consacrée à la fête

.
A l’origine, Il n’y avait qu’une petite plage où les pêcheurs tiraient leurs barques en bordure du domaine privé du cap Martin. C’est dans cette crique que Charles Albert Viale (26/3/1922-13/3/2010) édifie son cabanon dans le début des années 1950. Joseph Joffrida, aujourd’hui disparu, son ami et son premier employé qui deviendra plus tard le propriétaire du restaurant-bar Piccadilly, expliquait : « A l’époque, Albert (alias Robert) était croupier au Villarey, moi barman au Casino municipal. Un jour, il m’a dit qu’il montait une affaire, et m’a demandé de travailler avec lui. Nous avons construit les murs nous-mêmes. Avec un charreton, j’allais chercher les pierres au Victoria, un ancien palace qui avait été démoli. Les premiers temps, je n’y allais que le midi lorsque j’étais disponible. Il a travaillé seul de 1950 à 1953. L’établissement s’appelle à l’époque ’’Club du Clapotis’’. Ses amis de l’hôtel du Cap Martin s’amusent à le voir servir torse nu. Ils le surnomment Le Pirate. Lorsqu’un client veut manger une tranche de jambon, Robert prend sa bicyclette, (elle n’a qu’une pédale) pour aller l’acheter. C’est à la bonne franquette. Les clients s’assoient sur des caisses pour déjeuner. En ce temps-là, il n’y a pas encore d’ambiance musicale. Les premiers musiciens embauchés sont Antoine et Loulou Stella. Vont suivre des artistes professionnels comme Manitas de Plata.
Ne commençant véritablement la restauration qu’en 1953, le Pirate se rend souvent en Principauté pour aller chercher la clientèle, notamment au Tip Top, avenue des Spélugues à Monte-Carlo, où a lieu sa rencontre avec Henri Astric, directeur artistique de la SBM. Un soir, ce dernier est pris à partie dans une violente dispute, le Pirate s’interpose. Ils sympathisent. En guise de remerciement, Astric va accompagner vers le restaurant du Pirate, toutes les vedettes qui se trouvent alors à Monaco. Le premier hôte célèbre est Harry Bellafonte (célèbre chanteur et acteur américain de Harlem à New-York). Dans l’année qui suit, il faut réserver des mois à l’avance pour dîner chez le Pirate. Frank Sinatra, Kirk Douglas, Horst Buchholz, Onasis, Borghi, De Laurentis, le Roi Hussein de Jordanie fréquentent aussi l’établissement.
Quand il tourne Les Félins (1963), à la villa Cyrnos, Alain Delon vient y dîner tous les soirs avec Jane Fonda, sa partenaire. Les célébrités qui passent par Monaco font un détour par le cap Martin pour être reçues chez le Pirate où elles trouvent une cuisine simple avec des produits d’une grande fraîcheur : langouste vivante, loup, soupe de poissons, moules et coquillages du vivier. Le service, c’est beaucoup de folklore. De l’huile est jetée sur le feu pour obtenir une immense flamme et le Pirate embroche les viandes sur un sabre avant de les faire rôtir. C’est un russe qui a lancé la tradition de la vaisselle cassée, il boit une coupe de champagne et jette le verre. Les plus grandes célébrités sont arrosées de champagne. Parfois sans discontinuer les musiciens jouent jusqu’à 4 heures du matin ».
Son épouse Debla danse le flamenco sur les tables d’une façon admirable. On casse les verres, les assiettes, certaines personnes vont jusqu’à jeter leurs affaires dans le feu. C’est quelque chose d’exceptionnel, d’unique au monde qu’offre Don Roberto, « ce fils du vent, ce marchand de bonheur ».
Marsou Viano et Jean-Claude Volpi
.
Ent’ ou Cab Marten ….
ROBERTO OU PIRATA, una vita pèr fa festa

.
A r’ourìgina, i era soulament una pichouna grava douna u pescahoù tiravan re soue barque en riba dou poussessou privà dou Cab Marten. Es ent’ aquela crica que Charles Albert Viale (1922–2010) coustruìshe ra soua cabaneta au coumençament du anne 1950. Joseph Joffrida, ou sen amig, boun àrima, e tamben ou sen primou empiegà que deventerà pù tardi ou prouprietari dou Piccadilly ha spiegà « A r’épouca, Albert era empiegà du juegue dou Villarey, mi era barman dou Casinò munichipale. Un jorn, m’ha dich qu’elou vourìa creà un coumerchou e m’ha demandà de venì à travalhà dam’elou. Avema bastì re muralhe da sourete. Dame un carretan, anava à cercà re peire au Victoria, un palassou vielh qu’era stach destruch. U primi tempe, i anava soulament à miejijorn umir. Elou ha travalhà souret da 1950 fint à 1953. Ou stabiliment se sounava ent aquela épouca « Club dou cascalhan ». U se amigue de r’oustarìa dou Cab Marten s’amusan de vé-rou siervì ou stòmigou inù. Rou stranouman ‘Ou Pirata’. Quoura un client vouhe manjà una lesca de jamban, Roberto pilha ra soua bicicleta (que ha una soureta pedala) per anà à catà ou jamban. Se passa à ra boana. U cliente s’assetan susa de càishe per diernà. Ent’aquela épouca, noun i era pa ‘ncara r’ambiença musicala. U primi musicante engajà san Antoine e Loulou Stella. Puhi i seran d’artiste proufessiounale couma Manitas de Plata.
Couma coumença d’esse aubergista en 1953, ou Pirata va tante vote ent’ou Prenchipatou per cercà-ri ra pràtica. Elou va prenchipalament à Tip-Top, avengùa de Spelugues à Mounte-Carlou, douna ese stach ou sen encontrou dame Henri Astric, diretoù artìsticou da SBM. Una sera, aloura d’una vioulenta garroulha, Astric ese stach atacà e ou Pirata es entervengù e tout u dou simpatisan. Per remerciment, M. Astric va ourientà vers ou restaurant dou Pirata, toute re chelebrità que se trovan à Moùnigou. Ou primou oste chèlebrou es Harry Bellafonte (cantàire e atoù american). R’ann d’apréss se car reservà tantu mese d’avança per supà da ou Pirata. Frank Sinatra, Kirk Douglas, Horst Buchholz, Onasis, Borghi, De Laurentis, ou Ré Hussein de Jordanie frecuentan tamben aquelou stabiliment.
Quoura gira « Les Félins » (1963) à ra Vilà Cyrnos, Alain Delon ven à supà-se tout e sere dame Jane Fonda, soua socha. Re chelebrità que passan da Moùnigou fan un girou ent ou Cab Marten per esse rechevù da ou Pirata douna trovan una cousina sèmpliche ma dame de marcansìe fresque : ligousta viva, loub, soupa de peishe, muscle e couquilhage da pesquiera. Ou siervici ese pran de foulclore. Se jeta d’ueri sus’ ou fueg per outenì una fiama pran grossa e ou Pirata embroucha ra carn susa un sabre avanch de fà-ra roustì-ra. Es un Russou que ha mandà ra tradician de roumpe toundi e piate, bèou ent una coupa de « Champagne » e jeta ou goat en terra. Re pu grane chelebrità san spourgàie dame de Champagne. De vote u musicante juegan fint à 4 oure da maten. ».
Ra moulhé dou Pirata, Debla, bala ou flamenco susa u desque d’una façan amiràbila. Cherte persoune van fint à jetà u se vestiti ent’ ou fueg. Ese quarquaren da noun se rou crée, d’ùnicou au moundou que Don Roberto regala, elou « aquelou filh dou vent, aquelou marcant de felichità »
Revirada Solange Mongondry Barbéris


Accueil | | | | Statistiques du site | Visiteurs : 118 / 309135

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Le « Coin du Mentounasc » de Nice-Matin en 2021  Suivre la vie du site N°513 - Le « Coin du Mentounasc » du 13 mars (...)   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 4