Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

A campana prefoundàia ! une revirada de Solange Mongondry-Barberis

La chute de la cloche de l’Eglise de la Conception en 1916
lundi 7 juin 2021

LA CHUTE DE LA CLOCHE DE L’EGLISE DE LA CONCEPTION
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Fête Dieu – Procession du Corpus domini
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Autrefois, la procession de la Fête-Dieu (cette année la fête tombe le 3 juin) était la plus belle des manifestations religieuses qui se déroulaient par les rues de la ville, note l’historien Marcel Firpo.
Mais un jour de l’année 1916, ce fut le drame... Le Curé Ortmans conduisait la procession qui était partie de l’Eglise Saint Michel, avait emprunté la rue Mattoni, la rue Longue et la rue de Bréa. Un arrêt avait lieu devant la chapelle des Pénitents Noirs où l’on installait toujours un reposoir. Ensuite, on attaquait les marches qui nous conduisaient à la Place de la Conception. C’était le parcours le plus pénible.
Habillé en enfant de chœur, je portais la croix et j’étais en tête de la procession. Arrivés presqu’en face de l’entrée de l’école, le curé ordonna un arrêt de quelques minutes, pour permettre de se reposer et pour que la procession se regroupe. C’est à cet instant que les cloches de Saint Michel et de la chapelle de l’Immaculée Conception se mirent à sonner.
Sur la place de la Conception, beaucoup de monde était massé pour voir arriver le cortège. Tout à coup, je n’entendis plus la cloche de l’église des Pénitents Blancs et dans la même seconde, je vis une masse s’écrouler au sol, suivie d’une pluie de plâtras. Un grand choc avec un cri de frayeur qui monta de la foule, et stupéfait, n’en croyant pas mes yeux, je vis la cloche de bronze, posée toute droite, intacte, au milieu de la place. Personne ne fut blessé ! En même temps, arrivait affolé, la figure en sang, Monsieur Ozenda, le sacristain et sonneur de cloches de la chapelle des Pénitents Blancs. Ce n’est que plus tard que je sus qu’il avait failli suivre le même chemin, la corde s’étant enroulée autour de son cou !
Dans la foule massée sur la place, des cris de miracle s’élevaient malgré l’affolement. Je me tournai vers le Curé qui était blanc comme un linge. Il nous fit signe de continuer ; nous reprîmes notre marche, contournâmes la cloche. Celles de Saint Michel continuaient toujours à sonner. La cloche resta quelques jours à l’endroit où elle était tombée. Cette cloche qui voltige dans l’air et vient tomber au beau milieu de la place sans une éraflure, intacte, comme si on l’avait posée délicatement là. Alors ! Un miracle ?
Texte-souvenir de Ernest Sagratella
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Proufessìa dou Corpus domini
A CAMPANA PREFOUNDÀIA !
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D’un temp, a proufessìa dou Corpus domini era a pu bella festa religiousa dou Païs mentounasc, a scrich ou stòricou Marcel Firpo.
Mà un duménigue de 1916, ou Prevost Ortmans menava ra proufessìa qu’era partìa d’a Guieijha de San Miqué avìa pilhà ou Carrouje Mattoni, a Carriera e ou Camen Nòu. I era una pàusa davanch ou Couvent douna fasìan sempre un tùmarou. Puhi, pilhavan re scare que menan ent’a piaça da Counchecian. Era a partìa dou camen ou pu penìbile.
Viestì en chergou, mi pourtava ra Crous e era ou primou da proufessìa. Arribà scaijhi en facha da scora materna, ou Prevost ha coumandà una pausa pèr quarque menute, pèr pouré repausa-se un poc e pèr fa-se regroupà ra proufessìa. Es ent’aquelou moument qu’e campane de San Miqué e da Capella da Counchecian se san metùe à sounà.
De douna era arrestà, avìa vist sus’a piaça da Counchecian. Pran de moundou era à r’entorn pèr vé arribà ou courtege. Tout en un còu, n’hai pu sentù ra campana da Guieijha du “Cabelhasse” e ent’ a mema segounda hai vist una massa-grossa abrivà-se, seguitàia pèr un’avalanca de gipass. Un gran choc dame un ralh de spavent qu’ese mountà da foula, e, stourdì, quarquaren da noun se rou crét, hai vist a campana de brounzou, pausàia touta drecha, entata, ent’ou mitan da piaça. En meme temp, arribava spaventà, ou mourre pien de sang, Mounsù Ozenda, ou sacristan e campanarou da capela du Batù Bianque. Pu tardi hai saupù qu’elou avìa mancà de suive ou meme camen perqué ra couarda s’era roulàia au virou dou sen coual !
Ent’a foula amourounàia sus’a piaça, u ralhe de miràcoulou mountavan, margrà d’aquelou spavent. Me su girà vers ou Prevost qu’era bianc coum’un linge. Elou nou ha fach segn de countunià ; se sema remetù à caminà, avema countournà ra campana. E puhi, e campane de San Miqué an countinuà de sounà. Ra campana ese stacha quarque jorne ailì douna s’era cascàia. Tantu ficanase, de fotografe, san vengù à ve-ra. ço que se pouhe pensà de tout acò ? Ou campanen da Guieija da Counchecian ha una béla autessa. Aquela campana que vourtijava en r’ària e ven à toumbà ent’ou mitan da piaça sensa pilhà una grafignàia, entriega, couma se r’avessan pausàia ailì delicatament. Aloura ! Un miràcoulou ?
revirada Solange Mongondry-Barberis


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