Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

A cuelha da fioù de San Jouan d’après un texte de Jean Raybaut

Revirada de Solange Mongondry Barbéris
lundi 12 juillet 2021 par Jean RAYBAUT, Solange MONGONDRY BARBERIS

-* Castillon, nos traditions…
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LA CUEILLETTE DE LA LAVANDE
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A Castillon, A fiéu de San Jouan, la fleur de la Saint-Jean, n’est autre que la lavande (alors qu’en mentounasc, la lavande se dit a revèndoura). Dès le mois de juin (que nous nommions à Castillon, comme à Menton, mes de San Jouan) nous nous préparions à la récolte de cette fleur sauvage. Personne n’avait encore eu l’idée de la cultiver et nous la trouvions, éparpillées en grosses touffes, dans tous les lieux non boisés. Cette plante aime les sols secs et violemment ensoleillés.
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Quand le « distillateur » venait installer ses beaux alambics aux cuivres luisants, il demandait au crieur public d’annoncer son arrivée. Cette information donnait le signal de la cueillette à tous les gamins du village qui, sac et faucille en main, partaient aussitôt à la recherche des plus belles plantes. Les consignes avaient été données de ne point « couper trop long » : pensez-donc, la lavande était payée au poids et plus la tige était longue plus la récolte pesait, mais le distillateur ne l’entendait pas de cette oreille : la tige sans fleur ne l’intéressait pas du tout, (d’autre part, les tricheurs étaient avertis que les pierres ajoutées au fond du sac pour en augmenter le poids étaient rigoureusement interdites…)
Les plants de lavandes, plants sauvages, étaient disséminés dans la colline et se présentaient en grosses touffes toujours visitées par une nuée de papillons.
La récolte exigeait des jambes agiles et infatigables… Pour « faire » un demi sac de fleurs il nous fallait parcourir toutes nos collines arides, pentues et sèches… mais nous avions fait nos repérages au préalable. Nous étions loin des jolis champs de lavande cultivée sur le plateau de Valensole et qui illustrent cette page.
Ce qui captivait les « bardots » que nous étions, c’était surtout les alambics et toutes les tuyauteries en cuivre, l’odeur puissante que dégageait cette opération et la « magie » qui soudain produisait ce mince filet de liquide limpide et au parfum si puissant.
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Que le souvenir de ce moment particulier persiste en nos mémoires doit être dû au caractère particulier, unique de cette récolte ; peut-être mesurions-nous, sans pour autant savoir le formuler, le « privilège » que nous avions : pensez donc, des pentes couvertes de touffes odorantes rien que pour nous !… celles ou ceux qui, peut-être très loin de nos collines, se parfumeront de quelques gouttes de « notre » lavande peuvent-ils mesurer la joie que nous avons eue à les leur procurer…
Jean Raybaut Photos Catherine Raybaut
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Castilhan, noaishe tradicioù …
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A CUELHA DA FIOÙ DE SAN JOUAN
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A Castilhan, A fiéu de San Jouan, ra fioù de San-Jouan, ese semplichement ra revèndoura. A pena que coumençava ou mes de San Jouan (souna aishì, tamben à Castilhan) nautre se lestìan per recampà aquesta fioù servage. Nushen, fint ahura, n’avìa augù r’idèa de cultivà-ra e ra trovavan, spantegàia en scoupe spesse, ente tout u luegue que noun eran bouscouse. Aquesta pianta aprecìa una terra seca e stremament sourelhàia.
Quoura ou brandavinìe venìa stabilì u se belu lambique de ram lusent, elou demandava ent ou campìe de bate a crìa per ou sen arrivou. Aquesta enfourmacian era ou segnà da cuelha per tout u pichoù dou païs que pilhavan sac e serran e s’asbrivan à ra recerca de pu bele piante. Re counsigne eran stache prechisàie de noun « talhà trop loung » : pensè qu’a revendoura era pagàia au pes e au mài ou pecoul era loung au mai ra recoulta pesava, ma ou destilatoù noun veìa nan re cause aishì : ra camba sensa fioù noun ri counvenìa per ren de tout (de mài u embroulhoù eran avertì qu’e peire jounche ent ou found dou sac per aumentà-n’en ou pes eran assoulutissament enebìe… ).
Re piantoù de revendoura, piantoù servage, eran sparpilhà ent a coala e se spoargìan en grosse couspe qu’un sham de parpalhoù visitavan sempre.
Per fà ra recampa carrìa avè de cambe leste e enstancàbile … Per « fà » miejhe sac de fioù carrìa percourre toute re noaishe coale àrride, en pendita e seque … ma, prima, avìan fach re noaishe mire. Nautre eran luegn d’avè aquelu belu campi de revèndoura cultivàia sus’a pianura de Valensole que san sus a foto que ilustran aquesta pàgina.
Ço que cativava u « mu » que nautre eran, eran soubretout u lambique e tout u canà en ram, r’audoù pran foarta que sourtìa d’aquesta manipulacian e ra « magìa » que toute ‘n’un còu rendìa aquelou mins scourou de lìquidou quià dame una audoù aishì foarta.
S’ou ricordou d’aquelou moument prechis persiste ente noaishe memòrie ese perqué aquesta recampa avìa un caràterou particoulari e ùnicou ; forshi apreciàvan, sensa en tant sabè fourmulà-rou, ou « privilégiou » que nautre avìan : pensè, de pèndite cuberte de couspe audourante per nautre sourete !… aquele o aquelu que, forshi pran luegne de noaishe coale, se perfumeran de quarque goùchoule da noaisha « revèndoura » seran capache de misurà tout a jòia qu’avema augù de proucurà-ra.
Revirada Solange Mongondry Barbéris


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