Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

A legenda dou liman, avec le poème « Et Menton vaut le Paradis » "

Texte et revirada de Jean-Louis Caserio, poème de Luce George
mardi 1er mars 2022 par Jean-Louis CASERIO

LA LÉGENDE DU CITRON
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Pourquoi une Fête du Citron ? C’est qu’autrefois, les agrumes faisaient la richesse du pays. On y récoltait, sur les 80000 citronniers recensés au début du XIXe siècle, quelquefois jusqu’à 30 millions de fruits que l’on exportait en Pologne, Allemagne, Danemark… Le citron a été à l’origine d’une économie locale florissante durant plusieurs siècles qui se perpétue aujourd’hui dans l’art de la Fête du Citron.
Aussi les Mentonnais, fiers de leurs citrons, ont-ils inventé une légende reprise par les poètes et conteurs locaux. Adolphe Joanne, créateur des guides portant son nom, a publié une version en 1884 dans « Station d’hiver de la Méditerranée », aux éditions Hachette :
Adam et Eve ont été expulsés du Paradis. Ils s’en sont éloignés le plus possible, tout honteux de leur faute et contrit de leur châtiment, sans songer à rien prendre parmi les merveilles qu’ils ont dû laisser.
Eve, moins repentante ou moins affligée qu’Adam, jetait d’un côté et de l’autre un coup œil d’envie. D’une main leste elle a cueilli un beau citron qui se trouvait tout près de sa main droite. Si l’on doit croire cette légende, Eve a caché ce citron dans son tablier ! A peine avait-elle passé le portail du Paradis, Eve s’écria : « Ce fruit je le donnerai au plus beau pays que je verrai sur la terre ! »
Adam et Eve errèrent longtemps sans qu’Eve ne se soit décidée à se débarrasser de son citron volé. Puis, tous les deux sont arrivés à Menton. A la vue de ce pays fortuné ils ont senti un tel enchantement qu’Eve dans son extase envoya sans hésitation, sur une terrasse voisine, le divin fruit.
« Va, dit-elle, prospère et multiplie, fais un Paradis de ce lieu et que les gens qui y resteront, retrouveront d’âge en âge quelque chose des saveurs et des bénédictions de l’Eden ! »
D’autre, comme le poète mentonnais Ernest Magaglyo ou bien la poétesse Luce George et d’autres encore, comme notre barde Marcel Viale, ont donné de cette légende une autre version peu différente en langue française, en parler mentonnais mais aussi en langue étrangère comme l’anglais ou l’allemand !
Jean-Louis Caserio
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A LEGENDA DOU LIMAN
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Perqué Mentan festa ou liman ? ese que d’un temp, u limoù fasìan a riquessa dou païs. Culhavan finte trenta milioù de fruche souta quarque utanta mila limounìe, pèr manda-ru fint’en Pologna, Germània, Danemark e d’autre luegue… Ou liman a fach prousperà r’ecounoumìa tantu sécouli passà e ese pèr acò qu’i fasema festa encara ahura.
Aishì, u Mentounasque, fiéru du se limoù, an enventà una legenda repilhàia da u pouéte e cantaire dou païs. Adolphe Joanne, creatoù du guide que pouartan ou sen noum, a publicà una versian en 1884 ente « stacioù d’envern da Mediterrànea » da e edicioù Hachette :
Adamou e Eva san stache mandà-vìa dou paraïs. Se san aluegnà au mai poussìbile que poushessan, toute vergougnouse da soua fauta e countriste dou sen castig, sensa pensà à pilhà ren de toute maravilhe qu’an doushù laishà.
Eva, menou pentitàia o menou aflijàia qu’Adamou, jetava d’un coustà e da l’autre un couarp d’uelh d’envéa. D’una man lesta, a culhì un bélou liman que se trovava pran press da soua man drecha. Se devema creire ent’aquéla legenda, Eva a piatà ou liman ent’ou sen faudì ! A péna avìa passà ou poùrtigou dou paraïs, Eva criha : « aquéla frucha, a dounerai a ou pu bélou païs que virai susa à tèrra ! »
Adamou e Eva anent, en ça en là, pran de temp sensa qu’Eva se foussa dechidàia à desbarrassa-se dou sen liman raubà. Puhi, tout’e dou san arribà à Mentan. A ra vista d’aquestou païs fourtunà, an sentì un tale encantament qu’Eva, ent’ou sen gaudiment, manda sensa esitacian, susa una faisha avesinàia, a frucha divina.
« Val, qu’a dich Eva, prouspéra e creishe ; fal un paraïs d’aquestu luégue, e qu’e gente qu’i staran, retrovan d’age en age quarque cause de savoù e de benedicioù de r’Eden ! »
D’autre, couma ou pouéta mentounasc, Ernest Magaglyo, o ben a pouetessa Luce George, e encara d’autre, couma Marcel Viale, an dounach d’aquesta legenda un’autra versian poque diferenta, en lenga francésa o ent’ou parlà mentounasc mà tamben en lenga strangiéra couma l’englés o l’aleman !
Jean-Louis Caserio
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ET MENTON VAUT LE PARADIS
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C’est une légende jolie
Tout aussi vieille que le monde
Et qui semble encor, embellie
Du souvenir d’Eve la blonde
Quand, après sa faute, chassée,
Elle s’enfuyait, toute en pleurs,
Du jardin aux mille splendeurs,
Elle n’eut que sombres pensées
Pour la pomme ce fruit maudit,
Qui lui coûtait le Paradis !
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Mais, rayonnant dans son feuillage,
Le citron d’or s’offrit soudain,
Eve, alors, de sa blanche main,
Preste, le saisit au passage,
Le cache en ses cheveux, et dit :
« J’emporte un peu de Paradis ! »
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Longtemps elle erra, sans patrie.
Enfin, son pied nu se posa,
Près des flots, sous les mimosas,
A Menton terre des féeries ;
« Ah ! dit Eve, Dieu m’entendit :
J’ai retrouvé le Paradis ! »
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Et je t’offre, rive enchantée,
Ce fruit béni, fruit sans pareil !
Qui germera sous ton soleil
Depuis, de citronniers plantés,
Sa colline d’or resplendit
Et Menton vaut le Paradis !
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Luce George


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