Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Marsou Viano nous présente « Gustave, l’homme « à la Trèfle jaune » »

« Gustave, r’ome dou trifuelh jaune », une revirada de Jean-Louis Caserio
mardi 29 mars 2022 par Jean-Louis CASERIO

Un personnage insolite, un amuseur public des années 60-70…
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GUSTAVE, L’HOMME « À LA TRÈFLE JAUNE »
Début des années 1960, à Roquebrune, un homme est omniprésent dans toutes les activités festives de l’époque où il impose sa personnalité. Il s’appelle Gustave. Il est indissociable de sa torpédo, une « Trèfle » jaune (la 5 CV décapotable de Citroën apparue entre 1922 et 1926).
Jean-Louis Lorenzi, de la ’’Station Esso du Stade » à Carnolès, raconte : « il fallait faire attention à sa voiture car elle était très ancienne. Nous avions des difficultés à trouver des pièces détachées. De plus, il n’avait jamais d’argent, donc, nous devions les trouver à la récup’ et nous montions chez Di Puglia, à la casse du Carei. Les chambres à air avaient plus de rustines que de matière d’origine ».
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La première trace sur ce personnage insolite et pétillant, est un cliché du photographe Roger Judlin (de 1959) prise un jour d’été près du Casino de Menton. Il est alors vêtu d’un plastron, d’un canotier et des gants blancs... une fleur factice à la main (son côté poète et néanmoins gagman). A cette époque, Gustave porte couramment son gros lapin ’’Alphonse’’ sur ses épaules. En vérité, il est présent à Roquebrune pour une exposition de ses toiles à l’Auberge du Hameau car il se dit artiste-peintre !
On sait qu’il a 4 frères qui lui fournissent quelques revenus (dont un qui possède un grand restaurant à Paris, un autre, le glacier Corner-House à Menton). Il circule en Mobylette jaune mais pour parader ou amuser, c’est dans sa Citroën Torpédo modèle ’’Trèfle’’ indiquant 3 places intérieures disposées en forme... de trèfle), la couleur d’origine (le jaune-citron) convient parfaitement à notre terroir que Gustave sillonne à la belle saison alors que l’hiver, sa voiture est garée sur le trottoir à côté du Golf Drouot.
De son vrai nom, Léon Der Krikorian (« avec un K comme Katastrophe », disait-il). Gustave étant le pseudo du personnage qu’il s’était créé. Il faut le savoir, c’est un ’’naufragé volontaire’’ du Paris d’après-guerre, du club jazzy ’’Le Tabou’’ de St-Germain-des-Près, du cabaret ’’La Rose Rouge’’ au Quartier Latin, de l’époque où sévissaient la bande à Boris Vian, Juliette Greco et Miles Davis, le trompettiste afro-américain et d’autres encore.
Fin des années 1950, l’été, il largue ses amarres parisiennes et cap au sud… Devinez où ? Il est accueilli chez Don Roberto, le Pirate où à la belle saison, sa Trèfle avait son stationnement réservé à l’Ombre de l’arche du cap Martin.
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Un jour, Jo Choisy, le facteur doit remettre un pli recommandé à M. Gustave Der Krikorian à l’adresse : Restaurant ’’Le Pirate’’ au Cap Martin. Il est accueilli par Roberto. Le préposé demande à voir le destinataire de la missive. Le Pirate lui répond « ne bougez pas, je l’appelle ! » Il ouvre sa sacoche, en sort un revolver 9 mm, dirige le canon vers le ciel et tire 3 coups de feu. Quelques instants plus tard, Gustave arrive en courant en demandant « Monseigneur, que se passe-t-il ? Tu as une lettre recommandée à signer » répond le Pirate. Étonnante méthode pour prévenir du passage du facteur !
Un jour -à notre grand regret-, Gustave a disparu. La date de son décès ? Elle nous est inconnue mais une légende ne meurt jamais !
Marsou Viano
Savoir + sur le personnage :
un reportage de Marsou Viano et J-C. Volpi dans le Païs Mentounasc n° 178

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GUSTAVE, R’OME DOU TRIFUELH JAUNE
Ent’u anne 1960, à Rocabruna, un ome se fa remarcà ent’e feste dou païs. Se souana Gustave. Dame a soua torpédo, una trifuelh jauna de Citroën.
Jean-Louis Lorenzi, de Carnourès, parla « carrìa fa atencian ent’aquela vatura antiga e fràgila. Difìchile à reparà. De mai, Gustave n’avìa pa de sòu pèr pagà ».
Aquelou persounage ensoulite e arleri, ese viestì d’un piastran, d’una canota e de ganti bianque... una fioù finta en man. De vote, Gustave poarta un counilh ’’Alphonse’’ s’e spale. En verità, ese vengù à Rocabruna pèr una spousician de pintura à r’Oustarìa du Masage perqu’ese artista-pintre !
Avìa 4 fraire qu’i dounavan quarque sòu, un d’aquelu tenìa ou « Corner-House » à Mentan. Avìa una Mobylette jauna, e pèr fa ou bulou, una Citroën 5 HP modèlou ’’Trifuelh’’ de 3 piace, couroù dou liman que counvenìa pran ben ent’ou païs que Gustave percourrìa ent’a bella stajan.
Dou sen noum verou, Léon Der Krikorian. Gustave, venìa dou Paris d’après-guerra, dou club jazzy ’’Le Tabou’’ de St-Germain-des-Près, dou cabaret ’’La Rose Rouge’’ au Quartier Latin, de l’época douna i era a banda à Boris Vian, Juliette Greco, Miles Davis, ou troumpetista e encara tantu autre.
Fen du anne 1950, l’estade s’encaminava da nautre e da Don Roberto, ou Pirata e metìa sa vatura à r’oumbra souta ou poùrtigou dou cab Marten. Un jorn -dame regret-, Gustave a desparaishù. Ma quoura, n’en sabema ren ? mà una legenda nou’ mouhe mài !
Revirada Jean-Louis Caserio, Felibre Majoral


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