Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
UN PETIT TOUR DANS NOS ANCIENS « OU PAÏS MENTOUNASC »

La perruche à collier, en résidence à Menton ?

mardi 29 mars 2022 par Richard OSICKI

LA PERRUCHE À COLLIER, EN RÉSIDENCE À MENTON ?
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Un article du journal « Prouvènço d’Aro » a récemment attiré mon attention, d’abord par son titre « Li Parrouquieto dóu coulié » et aussi par la photo qui accompagnait l’article. Celle-ci représentait un couple de « perroquets » verts, de grosses perruches que l’auteur qualifiait de « Psittacula krameri ».
Ceci m’a tout de suite interpellé car, depuis plusieurs années, ces oiseaux semblent vouloir coloniser les environs du Bas-Borrigo à Menton, la colline du Pigautier par exemple.
Que sont donc ces Psittacula krameri , ces « perruches à collier » (nom français) ?
C’est d’abord par leurs cris puissants et stridents que nous les avons remarquées ; leurs déplacements en groupe, très rapides, ne laissent pas indifférents : un éclair vert qui file dans le ciel ! Vert car c’est leur couleur dominante.
La perruche à collier mesure 40 à 41 cm de long pour une envergure de 47 cm et un poids d’environ 120 g. Avec un élégant plumage « vert émeraude », elle présente une longue queue portant parfois des nuances de bleu. Des tons jaunâtres apparaissent sur l’abdomen et le dessous des ailes. Le bec, crochu et large, est bicolore, la mandibule supérieure étant rouge et l’inférieure noire. De la base du bec jusqu’aux yeux, on note la présence d’une ligne noire.
On reconnait le mâle au fin collier noir et rose présent chez les mâles matures (plus de 3 ans) alors que les jeunes et les femelles n’en possèdent pas.
La perruche qui vit assez longtemps (20 à 30 ans environ) niche généralement dans les cavités d’arbres (cavités naturelles ou trous formés par les pics). Les vieux platanes, ou même les palmiers dans le Sud, sont souvent utilisés. C’est un oiseau précoce qui se reproduit dès la fin de l’hiver. Les couvées sont de 2 à 6 œufs, incubés 21 jours. Les jeunes, en général 2 ou 3, sont élevés au nid pendant environ 40 jours.
Comme la plupart des oiseaux, la perruche à collier a un rythme journalier en deux temps, avec une alimentation importante en début et fin de journée et des phases de repos en milieu de journée. De ce fait, nous entendons arriver le groupe le matin et le soir ! Le régime alimentaire est essentiellement granivore et frugivore : céréales, fruits, bourgeons, fleurs. Par exemple, je les ai vu récemment déguster des fleurs de yucca… et des grains de raisin !
C’est pourquoi, sur Nice, des dégâts sur l’arboriculture professionnelle ont été signalés avec des pertes de production. La perruche à collier peut donc causer de gros dommages dans les exploitations agricoles, fruitières et maraîchères du pourtour méditerranéen....
Originaire des forêts tropicales d’Afrique subsaharienne et d’Inde, sa présence en Europe n’est pas naturelle ! Elle serait arrivée en France dès les années 70 par conteneurs d’Asie et s’en serait échappée. C’est donc l’homme qui est responsable de son arrivée !
Elle est encore considérée comme Espèce Exotique Envahissante (EEE) car non native en France, avec un territoire en expansion. Cependant, sédentaire dans ses aires d’origine, elle l’est désormais aussi en France… Ce n’est pas un oiseau migrateur et, les hivers étant de moins en moins rigoureux du fait du réchauffement climatique, cela lui permet d’étendre progressivement son territoire en se regroupant en zone urbaine par sécurité et aussi pour la source de chaleur que la ville dégage.
On la trouve ainsi dans de nombreuses villes comme Toulouse dans le quartier des Pradettes, à Marseille notamment au Parc Borély (2700 individus recensés en 2018), à Montpellier mais aussi à Nancy, Roubaix, Lille (plus de 4000 oiseaux recensés) ou Nice, Cagnes sur Mer...
La perruche à collier depuis son arrivée sur le territoire en 1970 ne cesse de se multiplier au fil des années. C’est peut-être aussi le cas à Menton où nous la remarquons davantage.
Est-ce que cet oiseau va devenir un oiseau commun de nos villes dans le futur ? au même titre que la tourterelle turque qui est arrivée en Europe au siècle dernier… Il semblerait qu’au fil du temps, il faille effectivement vivre avec les perruches !
Richard Osicki


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